Et puis, patatras ! Le rêve s’est brisé. Les Camerounais ont déchanté. L’homme est devenu froid, arrogant, méprisant. Il n’écoutait plus que sa clique, ses amis, ses parents. Depuis « son » immense palais – construit par son prédécesseur… – il n’entendait plus les lamentations des Camerounais. D’ailleurs, il était de moins en moins là, étant toujours en « bref séjour privé en Europe », comme l’annonçaient, à chaque fois, les communiqués de la télévision nationale.
Les cris et les lamentations de la population sont devenus plus forts, plus assourdissants. Et l’homme a perdu son sang froid. Il s’est souvenu qu’il était chef suprême des forces armées. Une armée qu’il n’a cessé d’envoyer partout où les Camerounais essayaient de s’exprimer. Ou de penser, tout simplement.
Depuis, l’homme a fait feu de tout bois pour asseoir son Pouvoir, pour consolider son Régime. Il a malmené les leaders politiques, leur a administré des fessées, les a envoyés en prison. Quelques uns, plus malins, sont passés de son côté, laissant de côté les Camerounais. Il a institutionnalisé la Corruption, faisant de son pays le Champion du monde de la discipline…
Et les Camerounais, dans toute l’histoire ? Ils ont protesté, ils ont manifesté leur mécontentement. Ils ont dénoncé l’omniprésence de l’armée, cette armée qui ne jure fidélité qu’au président Biya. Ils se sont exprimés dans les urnes. Leur volonté a été mise de côté, les élections truquées.
Ils ont encore manifesté, résisté aux charges des forces de l’ordre, aux gaz lacrymogènes. Ils ont défié les jets d’eau, toujours disponibles pour disperser des manifestants, et jamais quand il faut dompter un incendie. Ils ont écrit des articles virulents, qui les conduisaient tout droit en prison – ou en exil. Ils ont publié des pamphlets, tout de suite interdits. Ils ont créé des partis politiques et des associations, défiant matraques et coups de crosse.
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