Jean Jacques Ekindi est le tout premier membre du Parlement qui a accepté de répondre favorablement à la demande d'audience des hommes et femmes de la société civile et de certains partis politiques rassemblés sous la dénomination du " Front du Non ", dans la ville de Douala. Son domicile a servi de cadre à la rencontre, le vendredi 15 février 2008, en fin d'après-midi, lui et des citoyens engagés et déterminés à faire entendre leur voix. Celle du refus de la révision constitutionnelle annoncée par le président de la République, dans son discours à la nation, le 31 décembre 2007.
Mémorandum contre la révision
Jean Jacques Ekindi a attentivement écouté des membres et responsables du " Front du Non ". Aussi bien des militants et représentants de certains partis politiques (Sdf, Upc, Pas, Le Cri) que des responsables de mouvements sociaux (benskinneurs, étudiants, sauveteurs, commerçants, activistes). Lesquels souhaitent à l'unisson qu'il devienne leur porte-parole, leur porte-voix, afin d'aider le peuple à trouver sa voie dans la bataille pour la démocratisation du pays. Une démocratisation qui doit déboucher sur " une alternance politique au sommet de l'Etat en 2011 ". Le mémorandum contre la modification de la constitution que " Le Front du Non " a remis à Jean-Jacques Ekindi, parle d'"une unité d'action visant à amener le chef de l'Etat à renoncer à la modification de la constitution ". Ceci dans la mesure où " l'observation des faits laisse penser que le président de la République pourrait mettre à contribution l'Assemblée nationale pour la réalisation de son initiative" " Dès la prochaine session parlementaire, qui s'ouvre en mars !
Tout en se réjouissant de l'opportunité que lui offre le député Ekindi pour lui rendre compte de la désapprobation du peuple camerounais vis-à-vis du projet du chef de l'Etat, " Le Font du Non " a renouvelé la volonté du peuple de le voir s'engager à défendre exclusivement les intérêts dudit peuple " et non ceux du président de la République ". Le mémorandum précise que " la modification de la constitution et en particulier l'article 6 alinéa 2 est une oeuvre politiquement immorale, visant à permettre au président de la République de se représenter une troisième fois aux élections en 2011 (") ". L'argumentaire soutenant l'immoralité politique de cette initiative part du principe qu'un compromis politique doit être respecté. Il se trouve que " l'initiative du chef de l'Etat est une rupture de l'esprit de la Tripartite, mettant en mal l'espoir d'une alternance garantie par la constitution ", a souligné " Le Font du Non ". Déterminé à préserver l'acquis démocratique que représente l'alinéa 2 de l'article 6 de la constitution, " Le Front du Non " estime que Jean-Jacques Ekindi, en sa qualité de représentant du peuple, doit donner aux populations l'assurance de sa détermination à défendre un intérêt politique majeur. Mieux, qu'il doit se battre " pour le triomphe des aspirations de notre peuple à l'alternance politique au sommet de l'Etat ".
"J'apporte tout mon soutien au Front du Non"
Jean-Jacques Ekindi a apprécié l'initiative peu courante des populations de différentes catégories socio-professionnelles de s'affranchir de certains clivages pour se regrouper et exposer leurs doléances à un député de la nation. Il a surtout observé la détermination de ce regroupement d'associations de bendskinneurs, de commerçants, de taximen, de partis politiques, d'étudiants et d'élèves, de personnalités de la société civile, d'autorités religieuses, d'activistes et de militants des droits de l'homme. Ainsi que leur courage d'interpeller directement le président de la République sur une question grave.
Jean-Jacques Ekindi, en pédagogue, a tenu à faire quelques remarques à propos du ton et des menaces entendues de quelques jusqu'auboutistes du Front du Non : " Il faut peut-être nuancer les menaces faites aux députés qui n'auraient pas une oreille attentive à vos doléances. C'est bien d'interpeller pour le débat d'idées, mais c'est dangereux d'agir en dictateurs ! ". Jean-Jacques Ekindi pense par ailleurs qu'il faut absolument " éviter de créer la confusion. Il faut saisir les formations politiques pour qu'elles se prononcent clairement pour ou contre la modification de la constitution et notamment de l'article 6, paragraphe 2 ", a-t-il souligné. Avant de conclure qu'en ce qui concerne son parti, il sera ferme sur la position du Non. Hormis l'Undp dont Ekindi dit ne pas connaître officiellement la position sur la question de la révision constitutionnelle, il déclare pouvoir travailler avec l'Udc et le Sdf : " A plusieurs occasions, nous avons défendu les mêmes positions à l'Assemblée nationale ", a-t-il précisé.