En ouvrant le débat en 2007 alors que l’élection présidentielle est prévue en 2011, cela veut dire que nous allons passer quatre ans à débattre de cette affaire-là. Mais rassurez-vous, ce n’est pas une façon pour moi de fuir le débat. Ce que Paul Biya a dit est très grave, malgré ses propos mi figue, mi raisin, de prime abord. Il dit d’abord que la " Constitution, à l’heure actuelle, ne lui permet pas d’envisager un troisième mandat ". Pourquoi précise-t-il " à l’heure actuelle " ? Ca veut dire que demain, il peut décider que la constitution change pour lui permettre de briguer un nouveau mandat. N’est-ce pas pour cela qu’il voulait une majorité " confortable " à l’Assemblée nationale ?
Cette intention est confirmée quand il déclare dans la même interview, que " les constitutions ne sont pas faites ne varietur " En d’autres termes, les constitutions sont faites pour être changées… En déclarant que " préparer quelqu’un (à la succession présidentielle) relève de méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. " Je crois que Paul Biya fait seulement de la théorie politique. Mais ce faisant, il confirme inconsciemment l’idée qu’il va se représenter en 2011… Toutefois, je crois que Paul Biya est sincère quand il s’engage (enfin) à lutter contre la corruption. Mais les Camerounais, dans leur majorité, ne le croient pas sincère dans cette affaire-là… sur sa main tendue vers l’opposition, on constate que la présence de membres de partis d’opposition dans son gouvernement est purement symbolique, et est sans rapport avec le poids réel de ces partis tel que sorti des urnes. Le président déclare qu’il avait rendez-vous à sa résidence de Mvomeka’a avec le président du Sdf, et que ce dernier lui a fait faux bond au dernier moment. Si c’est vrai, ça fait mauvais genre pour un gentleman comme Fru Ndi que je connais assez bien…















