La rumeur avait réussi à installer le débat sur la modification constitutionnelle au cœur de la vie publique locale. Certains partis l'ont adopté et en ont d'ailleurs fait un des pivots de leur campagne lors des dernières consultations populaires. Le point de fixation du débat étant l'article … limitant le nombre de mandats présidentiels.
En fait de débat sur une éventuelle modification constitutionnelle, il était question du devenir du Président Biya en 2011 : Est-on pour ou contre son départ est à la vérité, la question à laquelle doit répondre tout homme public allant à la rencontre de la presse. C'est ce qui explique l'exclusion des juristes du débat.
Me Alice Nkom et l'ambassadeur américain ont beau faire remarquer que la démocratie ne perdrait pas au change si on faisait sauter le verrou d'une élection présidentielle à un seul tour introduit par l'UPC-K, rien n'y fait. L'épouvantail pour être efficace devait rester absolu : Touche pas à ma Constitution ! Les préoccupations majeures étaient renvoyées aux calendes grecques.
Les réformes économiques et institutionnelles, la médiocratie institutionnalisée à l'entrée de nos écoles et facultés, la grogne sociale sourde éclatant ça et là, avec à la clé des morts violentes, la corrélation désordre urbain et chômage ne trouvaient pas d'échos sous le landerneau médiatique. La religion des animateurs de la galaxie communicationnelle sur la question était faite. Ils essayaient juste de cataloguer les interviewés à l'aune de leur vérité.
Ainsi, devait être constitué le groupe des opportunistes et zélateurs face à celui de l'opposition chevaleresque que l'on voudrait cependant lunatique et inefficace. Les politiques sont ainsi astreints à des postures rigides, coincés dans un réduit par les médiateurs qui les harcèlent de trouver des esquisses de solution à des problèmes non posés en éludant le quotidien maussade. Certes, gouverner c'est prévoir. Mais, faire de la prévention du temps sur Mars une priorité alors qu'on a le ventre vide sur terre, et que des calamités de toutes sortes nous menacent, est suicidaire.
















