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Pour quelle raison principale souhaitez-vous la modification de la Constitution ?
L’argument principal, c’est qu’on a vu des groupes se former dans notre pays, des groupes comme le G 11, où chacun se préparait pour 2011. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je ne pense pas que le président Biya ait envie de s’éterniser au pouvoir. Mais pour préparer l’après lui, pour préparer le Cameroun qu’il laissera, il a besoin de travailler sereinement sans qu’on lui fixe un délai au-delà duquel il devrait partir. Et puis, les plus farouches adversaires de cette modification ne sont pas ceux que l’on voit dans la rue. Ce sont ceux qui, dans ses propres rangs, pensent que leurs plans de succession au président Biya ont été déjoués. Et puis l’article 6 alinéa 2, c’est un bon article parce que c’est bon de limiter les mandats. Seulement, la perspective du départ du président Paul Biya crée un vide que des tonneaux vides, ayant volé de l’argent, s’empressent de remplir. Résultat, il pourrait y avoir départ sans départ. Il vaut mieux donner la possibilité au président de partir sans que l’on ne sache le moment. Mais je dis que si l’on ne s’en tient qu’à cet article, on va continuer à fonctionner sans Constitution. Je le dis sur la base de cette somme d’articles contenus dans la loi fondamentale et qui n’ont jamais été appliqués.
Est-ce que vous essayez de dire que notre pays plongerait dans l’incertitude avec le départ du président Biya ?
Non. Le président partira bien. Nous devrons tous, un jour ou l’autre, partir. Je me souviens de situations fâcheuses provoquées au Mali, à l’époque où le président Alpha Omar Konare était sur le départ. Nous ne devons pas absolument nous focaliser sur le délai du départ. Ceux qui ne s’accrochent qu’à ce départ donnent l’impression d’avoir un problème particulier avec le président de la République. Si monsieur Biya s’en va en 2011, je vois un autre Biya arriver dans les mêmes conditions, avec les mêmes institutions, avec la même Constitution, la même conjoncture, rien n’aura changé. On ne peut pas changer pour changer. Je me dis : est-ce que monsieur Biya, après toutes ces années, ne pense pas doter le pays d’institutions qui lui permettront d’être debout et d’être bien géré après son départ… ? C’est comme cela que j’appréhende cette modification. [1] 2 ![]() |
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