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Yaoundé, 11 mars 2010
Parliamentary privilege, proxies and hate politics
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Cameroun Constitution

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Analyse des changements
Au scanner: Quel Cameroun après la révision de la constitution?
22/06/2008 [3 Commentaires]
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Source: Jean Calvin Ovono (La Cité)
La Constitution de janvier 1996, plus qu'un matin de Noël plein de présents, était pleine de dispositions porteuses de beaucoup d'espoirs. Hélas, dès cet instant, le pays tout entier va s'embourber dans des scories qui s'accommodent très mal de la salutaire rigueur morale de la démocratie.
 
Les révisions constitutionnelles ont ceci de particulier qu'elles permettent à un Etat de se doter d'un nouvel outil juridique et politique adapté aux aspirations du peuple, ceci pour une bonne gestion de la chose publique. Pour ainsi dire, elles répondent aux manquements constatés antérieurement dans le fonctionnement des institutions républicaines, et augurent des lendemains meilleurs. Avec le retour au multipartisme, le Cameroun a connu deux réformes constitutionnelles dont la plus récente est entrée en vigueur il y a près de deux mois. Celle-ci, nous apprend-on, permet au Cameroun d'éviter le chaos car, le président Biya est présenté ici comme seul gage de stabilité et de prospérité.

Toutefois, il est nécessaire de passer au scanner le tissu sociopolitique et économique du Cameroun, douze ans après la reforme de 1996, avant de se faire une idée des nouvelles orientations. La loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, fruit d'un consensus, car ayant fait l'objet d'un véritable débat avec la tripartite (bien qu'elle se soit achevée en queue de poisson), la commission constitutionnelle ad hoc créée par le chef de l'État (elle n'a jamais rendu public ses travaux), le grand et large débat (où chaque Camerounais pouvait des propositions par courrier poste, téléphone, fax...), intervient à un moment crucial de la vie de la nation.

Un moment où le Cameroun doit retrouver ses repères, un moment où le Cameroun doit asseoir son option de démocratisation, un moment où il faut rallumer la fibre patriotique, un moment où le peuple veut croire en de lendemains meilleurs. Car, faut-il le rappeler, les faits précédents 1996 sont pour l'essentiel, les années de braise avec les fameuses villes mortes, le retour au multipartisme ayant rapidement revêtu une connotation tribale avec pour corollaire des replis identitaire, les effets dévastateurs du plan d'ajustement structurel parmi lesquels la double baisse drastique des salaires de 1993, les licenciements massifs à la fonction publique et les privatisations des sociétés d'État (toutes ou presque, les sociétés d'Etat sont aujourd'hui bradées, excepté les entreprises en charge de la gestion des hydrocarbures, principales pourvoyeuses des fonds de souveraineté de la présidence de la République), la dévaluation du franc Cfa en 1994 qui il faut le reconnaître aujourd'hui a fait plus de mal que de bien aux ménages. La Constitution de janvier 1996, plus qu'un matin de Noël plein de présents, était pleine de dispositions porteuses de beaucoup d'espoirs. Hélas, dès cet instant, le pays tout entier va s'embourber dans des scories qui s'accommodent très mal de la salutaire rigueur morale de la démocratie.

C'est à partir de 1996 que la corruption va atteindre son paroxysme, et le Cameroun occupera plus que par le passé, les avant-postes dans le classement des pays les plus corrompus. Elle possède plusieurs noms : gombo, bière, taxi, carburant, tchoko, motivation... À tous les niveaux de l'État, les fonctionnaires sont devenus corruptibles. De nombreuses rumeurs font même état de la "mise en vente" des postes ministériels et des directions d'entreprises publiques par la présidence. Ainsi, d'après le journal "The African Independent", l'ancien directeur des impôts, Polycarpe Abah Abah, aurait acheté son poste de ministre des finances pour 2 milliards de francs Cfa. Christol Georges Manon, président de l'Observatoire de lutte contre la corruption précise, 40% des recettes enregistrées chaque année ne sert pas le développement pour cause de corruption. Et selon Samuel Ekoum, président de l'ONG camerounaise SOS corruption, l'État du Cameroun perd en moyenne par an 400 milliards de francs Cfa à cause de la corruption. Anicet Ekane, ajoute pour sa part ?'environ 40% du budget de l'état est détourné annuellement par le biais de surfacturations, marchés fictifs et ponctions directes''.
 
Les concours d'entrée dans les grandes écoles et les recrutements à la fonction publique font l'objet d'un vaste trafic, chasse gardée de la camarilla au pouvoir et de toute autre personne au fort pouvoir financier. En plus de la présence dans l'administration camerounaise d'une horde de personnes au confort intellectuel douteux, cette décrépitude des valeurs a pour effet, la concentration vertigineuse dans les quartiers et les artères des villes, d'un gigantesque et incontrôlable loque haineuse de jeunes intellectuels prêts à renverser les icônes et symboles de son avilissement. Profitant de l'impunité ambiante, les fonctionnaires se sont lancés dans une course folle à l'enrichissement, opérant des ponctions dans les caisses de l'Etat, faisant du détournement des deniers publics un de leurs exercices.

C'est ainsi qu'à partir de 1996, les quartiers de rêve tels Koweït City, Santa Barbara, Denver, Logpom, ou Nouvelle route Bonabéri, ?uvres des fonctionnaires, vont naître des fonds baptismaux. Les fonctionnaires, malgré leur minable salaires (le Smig au Cameroun est l'un des plus bas au monde :
23 000 Fcfa) disposent désormais des plus belles villas et roulent dans des belles mécaniques, surtout, ils ne se privent jamais d'exposer les Ser (signes extérieurs de richesse). C'est irréfutable, aucun inspecteur des impôts, aucun inspecteur de trésor, aucun magistrat, ayant servi avant 1996 ne peut avoir la même aisance financière que ceux qui ont exercé ces douze dernières années. Le ministère des Finances est devenu une grosse vache à lait où tout le monde peut s'abreuver en toute impunité. Au sein de l'administration des impôts et du trésor, les détenteurs d'une créance sur l'État ont l'obligation de verser une partie de celle-ci aux différents fonctionnaires afin de percevoir leur du.

En plus de l'immobilisme, la courtisanerie, l'incurie, le clanisme, les castes, les mensonges et les fables qui se sont fortement encrés dans l'appareil étatique, la dépravation des m?urs gangrènent également le tissu social camerounais depuis la révision constitutionnelle de 1996. Des pratiques très peu orthodoxes ont dorénavant droit de cité, occasionnant parfois des crimes odieux, mieux des sacrifices tel celui de Djomo Pokam. Comme un effet de mode, des histoires du genre : une dame toute nue descend de sa grosse cylindrée pour faire une balade en plein centre urbain aux heures de pointe ou encore, des rapports sexuels entre personnes normales et déséquilibrés mentaux, sont devenues légion.

L'homosexualité est désormais brandie comme un critère d'ascension sociale, foulant à ses pieds la méritocratie. La prostitution a également pris une telle ampleur que le Cameroun est devenu le premier fournisseur des prostituées en Europe. Une enquête réalisée en 2004 par le Cercle international pour la promotion de la création (Cipcre) dans les viles de Bafoussam (ouest), Bamenda (nord-est) , Douala (littoral) et Yaoundé (centre), 40% de filles âgées entre 9 et 20 ans sont victimes de la prostitution infantile. A l'analyse du tableau singulièrement sombre des douze dernière années, la réalité est alarmante : le régime en place a entretenu et encouragé cette déliquescence. Pour preuve, le contrôle supérieur de l'Etat a été arraché au ministère de la Fonction publique, pour le noyer à la présidence de la République. Conséquence, les dossiers ficelés par le contrôle de l'Etat relèvent désormais de la seule discrétion du chef de l'Etat. Et, comme il fallait s'y attendre, les arrestations des voleurs à col blanc sont devenues une arme politique, soumettant le Cameroun à une justice du prince. Personne n'est dupe, les premières arrestations dans le cadre de la fameuse opération épervier ont permis au Cameroun d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative Ppte, dernier Etat dans la course, quatre fois recalé pour non-transparence, mauvaise gouvernance et dérives budgétaires.

Urbain Olanguéna Awono et Polycarpe Abah Abah, quoi que grands prédateurs de Cfa, paient les frais de la récente révision constitutionnelle. L'affaire Albatros est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de plusieurs hautes personnalités de l'Etat, des personnes que le chef de l'Etat tient désormais en laisse, et qui ne peuvent devenir que des lèche-bottes. Et même, dans le cadre de la lutte contre la corruption, une pléiade d'institutions ont été mises en places, mais le vers continue à pourrir le fruit. La Chambre des comptes, l'Agence nationale d'investigation financière (Anif), la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac), le Contrôle supérieur de l'Etat, le Programme nationale de gouvernance (Png), existent juste pour meubler l'espace, dirait-on. L'article 66 de la Constitution de janvier 1996, relatif à la déclaration des biens et avoir, disposition devant permettre de mesurer la corrélation entre enrichissement de tout gestionnaire de crédit de l'Etat et le détournement des deniers publics, attend toujours sa clause exécutoire pour entrer en vigueur.

Une fois encore, le Cameroun vient de revoir sa copie constitutionnelle. Les nouveaux textes, dans la lettre et dans l'esprit, constituent une véritable constitutionnalisation de la monarchie et de l'impunité. Le régime en place qui, usé par de longues années de pouvoir perd de plus en plus contact avec la réalité, ne se rend plus compte de son bilan catastrophique et se fond en excuses par des jugements insensés, voudrait s'accrocher autant que possible, même s'il faut sacrifier tout un pays. Déjà, l'environnement de production de la loi constitutionnelle du 14 mars 2008 est fort évocateur. Emeutes de la faim, massacres des militaires à Bakassi, bévues policières, embastillement de la presse privée, rumeur de coup d'Etat, querelles de clochers entre les grosses pontes du régime?bref, un cocktail molotov qui présage un avenir est incertain. Chaud devant !

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Commentaires
Anomyme   [Cameroun - ngaoundere] 16/07/2008 - 19:12
c 'est très juste tout ce que vous avez dit mais je dois avouer que votre commentaire me laisse sur ma faim en effet vous vous contentez de nous raconter ce que nous savons deja mais vous ne passez pas au crible la nouvelle constitution
carine mbock   [Cameroun - ngaoundere] 16/07/2008 - 18:57
c 'est très juste tout ce que vous avez dit mais je dois avouer que votre commentaire me laisse sur ma faim en efffet vous vous contentez de nous raconter ce que nous savons deja mais vous ne passez pas au crible la nouvelle constitution
Jacques rousseau KOUAKAM   [Cameroun - NKONGSAMBA] 27/06/2008 - 12:15
Les éclats de voix et les gros titres qui ont précédé la révision constitutionnelle d’avril 2008 sont en stand-by pour le moment dans la mesure où l’opération anticorruption épervier constitue l’essentiel de l’actualité au Cameroun. Au vue de tous les comportements malsains des camerounais vis-à-vis des biens publics et la dépravation des mœurs qui gagne d’avantage du terrain, une préoccupation nous effleure l’esprit sur l’antériorité de l’individu à la cité ou l’antériorité de la société à l’individu ? On dirait que nous sommes dans un Etat de nature où, la loi fondamentale, les droits et devoirs sont inexistants. Outre les camerounais font comme s’ils n’ont aucun respect pour la tradition et les mœurs qui constituent la dimension éthique et morale de cette dernière. Les valeurs les plus recherchées sont :l’enrichissement individuel, la prostitution, le favoritisme, le despotisme, le clientélisme politique,le clanisme, des fausses manœuvres qui sont proscrites par la loi. Heureusement que le programme de revalorisation sociopolitique et économique via les grandes ambitions institué par le président Biya est à pieds d’œuvre pour la reconstruction du Cameroun. Les preuves sont palpables dans les grands centres urbains. L’opération anticorruption épervier suit son bonhomme de chemin et les résultats seront bientôt effectifs avec le transfert des fonds. Au Cameroun, il y’a des associations des femmes qui oeuvrent sur l’émancipation de la femme. Qu’est ce que ces grandes femmes font concrètement pour libérer les prostitués de tout age qui jonchent nos trottoirs au quotidien. La lutte contre la pauvreté demeure le cheval de bataille du gouvernement Camerounais pour combler les attentes.
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