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Yaoundé, 30 juillet 2010
La fonction présidentielle limitée à deux mandats, quelles conséquences sur l’Afrique ?
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Cameroun Constitution

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Après la révision constitutionnelle...
Biya sur les traces de Mobutu
02/06/2008 [1 Commentaire]
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Source: Jean Calvin Ovono (icicemac.com)
Le 14 mars 2008, le président de la République du Cameroun, son excellence Paul Biya promulguait la loi N°2008/001 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972.
 
 
Un arsenal juridique et politique qui permet désormais au président Biya en exercice depuis 26 ans de rempiler en 2011, si néanmoins une présidentiel anticipée n’était pas organisée entre-temps. Entre manœuvres dilatoires et consolidation d’une démocratie plus forte, cette théâtralisation du jeu politique orienté vers une constitutionnalisation de la monarchie et le sacre de l’impunité, fait désormais planer un spectre suffisamment inquiétant sur le régime Biya.

De l’avis de plusieurs observateurs, le calme apparent observé depuis la révision constitutionnelle n’est que la cendre qui couve la braise. Tout est possible en l’état actuel des choses, et une fin de règne calquée sur le modèle Mobutu n’est plus à exclure. Si Biya’a bi Mvondo Paul Barthélemy et Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga (né Joseph Désiré Mobutu) ont connu des fortunes diverses pour accéder à la magistrature suprême, l’on devrait s’accorder au moins sur un fait.
 
Ils ont tous été pistonnés par des puissances étrangères. Au Congo, le "Project Wizard" qui avait pour principal objectif de destituer Lumumba et de mettre Joseph Désiré Mobutu sur orbite, était un programme d'action secret mené par la CIA, approuvé par le président Eisenhower et couvert par le Conseil de Sécurité Nationale, soit le "Special Group", composé du conseiller national à la sécurité, du chef de la CIA, du sous-secrétaire d'Etat aux affaires politiques et du secrétaire adjoint à la défense.Car, Patrice Lumumba, n’est pas assez docile aux yeux des grandes puissances. Et pour la petite histoire, lorsque Lumumba voulu nommer Maurice Mpolo à la tête de l'Etat-major, les conseillers belges de Kasavubu et certains de ses proches lui reprochèrent son manque d'expérience et orientèrent plus Lumumba vers Mobutu qui était sergent dans la Force Publique. Mobutu fut l'homme lige de la CIA et de la Belgique, avant d'être adoubé par la Françafique. Au Cameroun, l’opinion nationale est complètement indécise quant à la question de savoir si Ahmadou Ahidjo avait été démissionné, ou, a volontairement quitté les affaires pour confier la gestion du pays à son ‘’successeur constitutionnel’’. Une bonne lecture de l’histoire devrait suffisamment nous orienter. Car, après avoir consolidé son pouvoir dès la fin des années 60, le président Ahidjo va commencer par prendre des actes jugés anodins, mais qui consistaient à l’affranchir progressivement de la tutelle française.

Le dernier gouverneur français au Cameroun avant l’indépendance, Roland Pré, dira à cet effet lors d’un dîné à Marseille réunissant les représentants des ports et chambres de commerce d’Afrique et de France : ‘’Ahmadou Ahidjo nous surprend beaucoup. Cela fait vingt ans qu’il est au pouvoir. Nous ne lui donnions pas tant…Mieux, ce Peuhl que nous croyions timide s’est rapidement émancipé de la France. Ce n’est plus dans le cercle du pouvoir français qu’il a le plus d’amis’’. En clair, Ahmadou Ahidjo embarrassait désormais, voir gênait les Français par son esprit d’indépendance et son patriotisme trop affiché.

Et lorsque François Mitterrand arrive à la tête de l’exécutif français en juin 1981, Ahidjo sait que les carottes sont cuites pour lui. Le souvenir d’un événement qui s’avère désormais très important ressurgit dans les têtes des deux hommes : l’humiliation subit par François Mitterrand quelques années plus tôt, quand il vint au Cameroun défendre les membres du ‘’complot de la sainte croix’’. Il lui avait été interdit, à sa descente d’avion à Yaoundé de pénétrer dans le territoire camerounais.

Il fut consigné à l’aéroport, jusqu’à son départ. Dès lors, il était question pour le président camerounais de tirer son épingle du jeu, et surtout, de ne pas perdre la face en conservant une place prépondérante dans la gestion de la nation. Pour cela, il fallait céder la place à un homme qui bénéficiait de l’estime des Français, et qu’il croyait pouvoir manipuler aussi facilement. Pour ce faire Ahidjo avait conçu un modèle politique plagié sur le style maoïste où le parti primerait sur l’Etat.

Il le démontrera d’ailleurs lors d’une interview accordée au quotidien national Cameroon-tribune le 31 janvier 1983, moins d’un trimestre après sa démission de la présidence de la République :’’je demeure présidentnational de l’UNC, conformément aux vœux des militants. Il n’y a cependant pas de dualisme ni de bicéphalisme dans l’exercice du pouvoir. Le parti et le gouvernement ont chacun un domaine de responsabilité bien défini et distinct. Le parti détermine les orientations de la politique nationale.

Le gouvernement applique celle-ci compte tenu de nos possibilités et des aménagements qu’appellent les réalités concrètes et les circonstances’’. De là, il ne faut point savoir lire dans une boule de cristal pour comprendre que la présence de Biya aux côtés d’Ahidjo et surtout comme numéro deux du régime n’était pas un fait spontané, et encore moins la seule volonté de ce dernier. Il avait été imposé par les réseaux français et Ahidjo l’avait accepté pour trois raisons : tirer des probables avantages de ces réseaux, garder un œil sur le favoris de ces milieux et ne pas se brouiller définitivement avec ceux-ci.

Sa présence à des postes stratégiques dans les gouvernements successifs du grand camarade n’avait donc pour principal objectif que de le préparer à la fonction présidentielle, aussi, il avait bien joué au chat désintéressé par la souris. Biya et Mobutu, beaux, élégants, pleins de finesse, partisans farouches du machiavélisme, ont tous assis leur pouvoir sur le principe légendaire qui consiste à "diviser pour mieux régner". Les multiples réaménagements gouvernementaux effectués par ces derniers rois d’Afrique illustrent à suffisance leur boulimie à rester les seuls vrais maîtres à bord.

Leurs méthodes de gestion se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Entourés d’une pléthore de courtisans qui distille fatalement des contres valeurs telles l'immobilisme, l'incurie, le clanisme, les castes, les mensonges et les fables, Mobutu et Biya ont déifié la fonction présidentielle. Le système protocolaire et sécuritaire fait du chef d’Etat camerounais un homme inaccessible. Ses sorties à l’intérieur du pays, déjà très rares, sont généralement des démonstrations de grandeur et de puissance. Même une simple balade doit être présenté au peuple comme un fait inédit, à l’exemple de la randonnée aux bois Ste Anastasie en décembre 2007.
Au Zaïre, l’on n’oubliera pas très tôt cette image présentant un Mobutu venant du ciel, diffusée par la télévision nationale. C’est dire combien il devait être présenté comme l’homme providentiel, l’homme à qui l’on doit tout, ou encore, un don de Dieu. Les résidences des villages de ces deux présidents, Mvomeka’a et Gbadolite, ont revêtu une grande importance dans la gestion des affaires d’Etat, se substituant à plusieurs reprises aux palais présidentiels.

Népotisme, clientélisme, affairisme, dépravation des mœurs, corruption, enrichissement extrême de la camarilla au pouvoir et appauvrissement des classes inférieures sont les maîtres mots des règnes Mobutu et Biya. Chacun des nombreux collaborateurs du président Biya abuse de la parcelle de pouvoir qui lui a été accordée dans un deal occulte pour se remplir les poches et avilir le peuple. Les ponctions dans les caisses de l’Etat sont restées ainsi une source stable et abondante d’enrichissement pour les apparatchiks et le parti au pouvoir, que ce soit au Congo ou au Cameroun.

Plus alarmant, les multiples officiers supérieurs des forces armées zaïroises et camerounaises,
gagnés par le goût du lucre, ont tourné le dos à leurs engagements à la grande muette pour se consacrer aux affaires. Des histoires autour des deux hommes sont curieusement les mêmes. Mi février 1997, Mobutu Sese Seko est annoncé mort depuis la Suisse. Quelques jours après, ce décès était démenti depuis la Côte d’Azur où le président Mobutu était en villégiature.

Le retour à Kinshasa au début du mois d’avril 1997 va attirer une immense foule hilare de retrouver son chef. L’avion présidentiel aura même du mal à se poser sur le tarmac de l’aéroport international de N’djili. Au Cameroun, une folle rumeur annonçant le décès du président Biya a circulé dès le vendredi 4 juin au soir. Le dimanche 9 juin, le président de la République, son épouse et ses enfants ont regagné la capitale camerounaise, escortés par des populations sorties en masse accueillir ‘’le fantôme’’. Mobutu et Biya ont tous les deux perdu leur première épouse au palais.

Marie Antoinette au Congo et Jeanne Irène au Cameroun, de par leur personnalité, sont restées très respectées dans leur pays. Les réelles conditions de leur décès ne sont pas toujours connues, mais, au Congo comme au Cameroun, on évoque sous cape les mêmes raisons (elles auraient été supprimées pour des raisons d’Etat car, elles demandaient que leur époux démissionnent). Sur le plan sportif, c’est sous Mobutu et Biya que le Congo et le Cameroun ont respectivement récolté leurs plus beaux lauriers.

En plus des deux coupes d’Afrique des Nations remportées, les Léopards du Zaïre sont la première équipe d’Afrique noire à participer à une phase finale de coupe du monde de football. Les clubs de football Vita club de Kinshasa, Tout Puissant Mazembe de Lubumbashi et le Motema Pembe de Kinshasa ont gagné des titres sur le plan Africain. Le stade du 20 mai de Kinshasa sous Mobutu a également abrité le plus grand combat de boxe du 20e siècle, sous la férule de Mobutu Sese Seko. Au Cameroun, les victoires sportives sous le régime du renouveau sont incomptable, quatre coupe d’Afrique des nations de football avec les Lions indomptables, deux médailles d’or olympique au football et en triple saut, une participation à la coupe du monde de volley-ball…

Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, dont le nom signifie ‘’le coq qui pique vivra éternellement’’, à qui on devait chanter des louanges tous les matins avant l’ouverture des services publics, revendiquait haut et fort d’avoir apporter la démocratie et la prospérité au Congo. Celui-ci ne loupait aucune occasion de vanter ses exploits parmi lesquels, le barrage d’Inga susceptible d’alimenter toute l’Afrique centrale, l’éveil d’une véritable identité zaïroise, ou encore la forte scolarisation de ce pays qui détient l’une des plus fortes élites intellectuelles en Afrique. Mais à la fin, il a été chassé de son pays comme un malpropre.

Le cortège qui le transportait du palais de Gbadolite à l’aéroport, escorté par une bonne escouade de militaires, était la cible des jets de pierres et tomates pourris venant d’une population exacerbée après un long règne de 32 ans. Aujourd’hui, au Cameroun, il faut se poser une question. Est-ce que Paul Biya, après avoir passer le pouvoir pourra circuler sans escorte du palais de l’Unité à son domicile privé sans être livré à la vindicte populaire, comme l’avait fait son prédécesseur ?

Car, au-delà des motions de déférence fabriquées par la pléthore de courtisans du régime en place, de l’hyperdomination apparente du parti au pouvoir, ou encore de l’exaltation personnifiée de l’homme lion toujours présenté comme le seul maître à penser, il est désormais temps que les uns et les autres prennent conscience de ce que le peuple pense réellement du régime Biya et de sa politique.

Le militantisme de façade observé dans les rangs du Rdpc et les deals politiques passés avec certains partis d’opposition ne peuvent en rien effacer les écuries d’Augias développées ces 26 dernières. Rien qu’à voir les querelles byzantines entre les grosses pontes du régime, la tournure prise par la grève contre la vie chère en février dernier, le Cameroun fonce droit au mur.

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Commentaires
Jacques rousseau KOUAKAM   [Cameroun - NKONGSAMBA] 24/06/2008 - 21:22
Les décideurs des Etats absolutistes de l’Afrique centrale sont parmi les premiers à bafouer les grands principes fondamentaux liés au processus de démocratisation dans le monde. le philosophe et homme politique BAKOUNINE faisait comprendre que dans la réalité, l’Etat est un vaste cimetière où viennent s’enterrer les manifestation de la vie individuelle. La grande question effleure mon esprit. L’ETAT/ LA SOCIETE/ LE POUVOIR / EST IL AVILISSEMENT OU PROTECTION DES LIBERTES INDIVIDUELLES ? Le regard rétrospectif que JCO a jeté sur la vie de ces deux grands chefs montre indubitablement le rapprochement qui existe entre monsieur Biya et le feu Mobutu, paix à son âme. Je vais surprendre plus d’un parce que le président Mobutu est un homme que j’admirais beaucoup pour son charisme, son franc parlé, pour tout ce qu’il a fait pour redonner à l’africain sa vraie identité via le panafricanisme. Outre pour sa fidélité à la théorie machiavélique du politique. Je pense fermement qu’en Afrique,le prince ne doit pas se soucier d’avoir le mauvais renom de cruauté pour tenir ses sujets en union et obéissance . les évènements de Février 2008 en est une illustration rationnelle. la riposte musclée de L’Etat à travers son rouleau compresseur a démontré que l’Etat joue un rôle positif dans le devenir du citoyen. l’Etat sort le citoyen de sa barbarie naturelle pour l’intégrer dans un univers qui rend possible son expression comme être de raison. En effet. L’Etat a appris à l’individu comment il doit se libérer dans le strict respect de la personne et des biens d’autrui, lui inculquant l’instinct altruiste. Le film intitulé Mobutu roi du Zaïre est mon film préféré. S’il est démontré et prouvé que le président Biya est sur la route de Mobutu, je pense que il sera le deuxième président dans la sous région que je vais vénérer et je suis ravis qu’il prenne des mesures visant à éviter une fin triste comme celle du roi léopard. J’attends inlassablement la sortie du film BIYA ROI DU CAMEROUN car j’ai l’intime conviction que des individus ont déjà rassemblé des éléments pour sa réalisation. Il est clair que la bonne association politique signifie celle qui est apte à garantir les libertés individuelles. elle doit se fonder sur un acte du pacte sociale. Malheureusement, dans la quasi-totalité des pays du monde entier, l’Etat perd toute sa justification, toute sa valeur en mesure où il cesse d’être le moyen d’épanouissement des libertés pour se prononcer plus tôt comme une fin suprême. Arrêtons de braquer nos regards sur l’Afrique noir.
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