Adoption process
5- Quelles responsabilités pour le président ?
Alaini Didier Olinga indique d'entrée que "l'alinéa 1 de l'article 53 relatif à la responsabilité du président de la République réintègre la notion de haute trahison, pour signifier que le président de la République ne peut être poursuivi dans l'exercice de ses fonctions que pour des actes qui revêtent un tel caractère". L'alinéa 2 de l'article 53 de la nouvelle constitution, qui touche à la responsabilité du président de la République est clair: "Le président de la République ne peut être mis en accusation que par l'Assemblée nationale et le Sénat, statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité des quatre cinquièmes des membres la composant".
Pour Alain Didier Olinga, les auteurs de cet article "voulaient consolider la base juridique de la mise en accusation éventuelle d'un président de la République, en la sortant du cadre législatif, beaucoup moins compliqué a priori à modifier. Les modalités de la mise en accusation sont volontairement lourdes et compliquées à mettre en mouvement, avec du reste un scrutin public, ce qui traduit certes le souci de ne pas engager un tel processus à la légère, mais aussi le souci de mettre le président de la République à l'abri d'une action en responsabilité, la majorité des 4/5e du parlement étant difficile à réunir".
L'autre chose relevée par l'auteur concerne le nouvel alinéa 3 "Les actes accomplis par le président de la République en application des articles 5, 8, 9 et 10 ci-dessus, sont couverts par l'immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l'issue de son mandat". Selon lui, "il faudra bien définir ce que l'on doit considérer comme "les actes de la fonction présidentielle". Cette disposition devant être examinée par rapport aux engagements internationaux de la République et par rapport aux obligations qui découlent pour elle et ses dirigeants du droit international coutumier ainsi que, de manière plus générale, des tendances actuelles de l'ordre juridique international”.
Elle doit l'être, par ailleurs, quant à son applicabilité ratione temporis: "Est-elle applicable aux actes posés par le président de la République avant son adoption? Ces actes seraient-ils couverts par les nouvelles immunités et irresponsabilités?" Pour l'auteur donc, ce qu'il faut comprendre, c'est que la nouvelle constitution a conceptualisé un verrou sophistiqué: "Il ne s'agit pas de dire que l'ancien chef d'Etat est plus à l'abri des poursuites du fait des fonctions qu'il n'exerce plus et qui ne devraient plus, en principe, le protéger, que le chef d'Etat en fonction; il s'agit apparemment de dire que si le chef d'Etat n'a pas été poursuivi pendant qu'il exerçait ses fonctions de président de la République, il faut présumer qu'il n'a rien commis de grave qui puisse être assimilé à la haute trahison, et qui pourrait être poursuivi après ses fonctions. S'il n'y a pas de haute trahison pendant ses fonctions, il n'y a pas de haute trahison possible à découvrir comme par enchantement après la cessation des fonctions et qui aurait pu être dissimulée durant toute la période des fonctions".
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