François Soudan dément avoir réalisé un entretien avec le chef de l’Etat camerounais.
Paul Biya ne parlera pas à Jeune Afrique. Du moins pas dans l’édition n° 2471 parue hier à Paris, contrairement à une information qui avait été relayée par Le Jour et d’autres médias camerounais. Dans son édition du 12 mai 2008, le Mutations donnait davantage de précisions sur les dessous du séjour du directeur de la rédaction de Jeune-Afrique. Le quotidien de Place Repiquet indiquait en effet que Patricia Balme, qui s’occupe de l’image du Cameroun et du président Paul Biya depuis 1999, s’était rendue au Cameroun en compagnie de François Soudan le directeur de la rédaction de Jeune Afrique. Le journal précisait même qu’une interview avait été réalisée le 9 mai 2008 au palais de l’Unité et serait publiée à la veille de la fête nationale du Cameroun. Les sujets évoqués : l’opération Epervier, la révision de la constitution…
Pour quelles raisons l’interview annoncée de Paul Biya n’apparaît finalement pas dans Jeune Afrique ? Y a-t-il jamais eu interview d’ailleurs ? Déjà, en milieu de semaine, une source interne à l’hebdomadaire panafricain nous confiait qu’il n’était aucunement fait cas d’une interview du président de la République du Cameroun dans le menu de l’édition à paraître ce lundi. Notre source évoquait même la possibilité d’un embargo, vu que François Soudan, qui en était présenté comme l’auteur, n’en parlait même pas.
Depuis jeudi, on en sait un peu plus sur la fameuse interview. Et ceci à travers la plume même de François Soudan. Dans un texte qu’il a publié sur son blog, il confirme s’être rendu au Cameroun au cours de la deuxième semaine de mai 2008. Il avoue même avoir été reçu au Palais de l’unité. Seulement, le directeur de la rédaction de Jeune Afrique dément l’information sur une interview réalisée avec le chef de l’Etat camerounais.
«J’étais à Yaoundé. J’y ai vu des amis, deux ou trois de mes contacts et je suis allé, à deux reprises, au Palais d’Etoudi où se trouvait le président Biya. De là est née la folle rumeur», écrit François Soudan dans ce texte qui est d’ailleurs intitulé «Rumeur camerounaise» et qui s’ouvre sur la phrase suivante : «C’est une histoire à la fois étonnante et significative». On y apprend même que le journaliste du magazine paraissant à Paris a tenté sans grand succès de démentir cette information qui circulait depuis son passage à Yaoundé du 8 au 10 mai. Il y écrit en effet «Mes dénégations ne convainquent personne et pourtant ce numéro 2471 de JA sort sans Biya à la une. Dommage, peut-être, mais c’est ainsi.»
C’est donc à nouveau le mystère complet sur le passage de François Soudan à Yaoundé, comme par hasard en même temps que Patricia Balme. Et on continuera à attendre une autre sortie de Paul Biya dans les médias.
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