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Yaoundé, 11 mars 2010
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Cameroun Constitution

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Analyse des changements
Landernau politique : Paul Biya ne sera pas candidat en 2011…
13/05/2008 [13 Commentaires]
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Source: Georges Njankepo (Mutations)
La modification de la constitution est en fait un leurre qui permet au chef de l’Etat de souffler face à la pression de son propre camp afin de préparer sereinement sa succession.

Durant près de 6 mois, après que le président de la République ait répondu à la question sur France24 et aux rumeurs qui emplissaient le landernau politique du triangle national, les Camerounais de tous bords se sont exprimés sur la constitution du Cameroun : faut-il ou pas la modifier, doit-elle rester en l’état ? Aujourd’hui, c’est chose faite : le Cameroun, par la voix des députés à l’Assemblée Nationale a décidé de modifier quelques articles de la loi fondamentale.
Notre commentaire sur la situation sociopolitique du Cameroun tourne autour de trois constats:
D’abord cette angoisse permanente et cette méfiance des Camerounais qui sont de grands donneurs de leçons, pour ce dont ils n’ont ni la maîtrise, ni la connaissance et le contrôle, cette capacité à parler de tout et de rien à la fois sans comprendre les ressorts d’une situation. Il en est ainsi de tous les secteurs qui vont du VIH-SIDA, à la CAMAIR, en passant par la vie politique et la sélection nationale de football. Au Cameroun, on s'adonne facilement au sport national préféré qui est la critique dans tous les sens et à contresens. Il faut que nous sachions qu’aux termes de la constitution de 1996, il est envisagé plusieurs possibilités de modification de la constitution, que nous ne sommes qu’au début du processus et que cette constitution subira d’autres modifications.

Sans entrer dans les détails, l’histoire de toutes les nations a été perlée d’avancées, de reculades, de manipulations et de modifications des lois et des constitutions. La constitution, c’est comme disait Montesquieu, " ...une longue conspiration du temps et des esprits... " Elle est toujours perfectible et son horizon est loin d’être atteint. La vraie question du jour est conjoncturelle et politique et non structurelle et organique, il ne s’agit pas de s’insurger contre la modification de la constitution mais de connaître l’esprit de ces modifications et pour l’heure, les raisons de toutes ces gesticulations dans le propre camp du Président, ce qui nous conduit au deuxième constat.
Les courtisans du Prince sont les plus gênants dans cette affaire, " Seigneur, je m’occupe de mes ennemis, préserves moi de mes amis..." Entre ceux, conquérants, qui veulent écarter le Prince à tout prix pour faire main basse sur le fauteuil et ceux qui, fébriles, continuent de croire à la jouvence éternelle et à l’immortalité et espèrent s’enraciner dans leurs positions confortables. Ils ont tous peur pour leur avenir, c’est humain : personne, même un prédateur, n’apprécie les zones de turbulences où règne l’incertitude du lendemain. Aussi, laisser partir l’actuel président qui est la clé de voûte du système les inquiète au plus haut point. On le serait à moins, tant il est vrai que certains, voire même la majorité du personnel politique autour du président a vécu dans l’inconscience de son propre avenir et beaucoup ne savent pas ce qu’il adviendra d’eux après le départ du président.

Voici donc posée la question de la survie individuelle et la problématique de la continuité du système, confortée par cette vénération de certains pour le pouvoir et l'argent, aggravée par l’immobilisme pathologique ambiant. Il nous souvient que le départ de feu le président Amadou Ahidjo avait créé quelques remous au sein de la classe dirigeante de l’époque et comme l’histoire a la fâcheuse manie de se répéter, les apparatchiks d’aujourd’hui entrevoient la suite comme un cauchemar et çà, avouons le, c’est profondément humain
Enfin, troisième constat et pas des moindres, " viol de la démocratie, coup d’état permanent ", les mots sont lâchés. Il suffit d’observer tous les partis politiques sans exception pour remarquer qu’il n’existe nulle part dans la sphère du triangle national et ce, malgré les structures mises en place, le moindre début d’un éventuel rêve de démocratie dans ces organisations, parce que nous sommes encore sous influence de l’héritage du parti unique et de la chefferie traditionnelle, et toute la génération qui dirige ou est en âge de diriger le pays n’a connu que la pensée unique et l’autocratie dominatrice. " Le parti c’est moi, et après moi, c’est le vide sidéral... que celui qui n’est pas content lève le doigt… ".

Alors, vouloir le changement ou l’alternance comme il est souvent répété à l’envie, c’est pour en faire quoi, sinon pour retransmettre les mêmes travers tribaux, ethniques et sectaires… sinon pour recréer dans un nouvel environnement, les mêmes incohérences qui ont régi le Cameroun durant les 50 dernières années, parce qu’en 1990, tous ceux qui contestaient, ont démontré leur incurie en abandonnant leurs ouailles et en allant à la soupe. Ils sont aujourd’hui repus et disqualifiés pour faire la leçon aux autres.
Cela dit, pour revenir à la réalité politique qui nous occupe, nous avons assisté à une vraie forfaiture de nos députés qui ne connaissent pas les limites de leur rôle ou qui, en toute conscience, se sont complus à aller dans le sens qui arrangeait leurs intérêts parce que l’Assemblée nationale, dans sa configuration actuelle et en l’absence de la Chambre Haute, n’a pas autorité pour modifier la constitution. Mais c’est un détail, c’est un vrai détail parce que si l’opposition était organisée avec un discours homogène et structuré, elle aurait attaqué cette modification et l’aurait rendue invalide sur la foi des textes organiques de cette même Assemblée Nationale et sur la base de la Constitution de 1996 : il s’agit de dialectique démocratique.

Considérant ce qui précède, ceux qui connaissent bien le président de la République savent qu’il ne se représentera pas en 2011 et pour cause, lui aussi aspire au repos compensatoire contrairement à ce que répandent les esprits chagrins qui hantent les salons feutrés et les " milieux autorisés " du Cameroun. J’ouvre les paris à ceux qui le souhaitent. D’ailleurs, les subtilités de cette modification donnent un signal fort dont chacun devrait s’abreuver, à propos de l’immunité,
La modification de la constitution est en fait un véritable leurre qui, placé opportunément dans un contexte social difficile, permet au président de souffler face à la pression de son propre camp, aux coups de boutoir de ceux qu’il a contribué à fabriquer, partisans du statu quo ou qui en veulent à son pouvoir, afin de préparer sereinement sa succession. C’est çà la vérité, voilà la réalité, ou à tout le moins, ceci est mon avis. L’histoire jugera…
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Commentaires
Léonard LEDES NLEND   [Cameroun - Yaoundé] 10/04/2009 - 07:51
J'ai l'impression qu'on ne tient pas compte de la tranche d'age ou alors elle n'influence pas cette candidature.
leyla doup kaïgama   [Cameroun - yaoundé] 21/05/2008 - 18:06
je suis tout à fait d'accord avec votre argumentaire sur ce que font la majorité des camerounais , simplement caquetter ou murir leur ignorance.
djankou apolinaire   [Cameroun - douala] 20/05/2008 - 22:04
oufffff
alain ngassa   [Chine - ngouadzou] 17/05/2008 - 09:47
tres bien pour la bonne information
BARAKO DEPARIS   [Nigéria - lagos] 14/05/2008 - 21:01
la revision d'une constitution au profit d'une cabale a toujours ete une source de conflits sanglants.Le president sortant du Nigeria Olusegun Obasanjo a essaye d'amender la constitution dans le seul d'elonger son mandat;la chose curieuse est que l'opposition serieuse emanait de l'asssemblee nationale dont le parti au pouvoir est majoritaire le Parti Democratique du Peuple(PDP).Mugabe au Zimbabwe se trouve coincer...Alors au vu de ces precedents pourquoi les autres chefs d'Etat refusent d'imiter Nelson Mandela?il ya un proverbe populaire qui dit:celui qui n'a pas chie sur le toit n'a pas peur de l'eau de pluie qui vient de ce toit.il est clair et certain que si une clique empeche une transition paisible elle ne pourra pas empecher une transition violente.Loin d'inciter les masses a l'insurrection nous souhaitons voir un Cameroun vivre en paix apres Biya et non une replique de ce qui se passe en Cote d'Ivoire apres Houphouet Boigny.
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