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Yaoundé, 30 juillet 2010
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Après la révision constitutionnelle...
Cameroun : Faut-il oublier Joe la conscience ?
21/04/2008 [1 Commentaire]
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Source: Patrice Nganang (Le Jour)
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Jamais les arts n'ont été aussi annonciateurs de l'avenir au Cameroun ; mais jamais aussi les artistes n'ont été aussi seuls !

Si à Douala, en ce février c'était avec le courage d'un peintre, Mboua Massock, que les feux de la colère se sont soudain saisis de la poudrière que notre réalité est, à Yaoundé, les menottes qui retiennent les poignets du musicien de reggae Joe la Conscience, à Kondengui, sont celles qui avec le changement de l'article 6.2. de la Constitution de notre pays, veulent enchainer notre futur.

Que ce dernier ait été très vite rejoint dans sa solitude par un autre partisan du front du non, le musicien Lapiro de Mbanga, n'inscrit qu'encore plus la voix de l'artiste dans notre gorge à tous, dans notre volonté à chacun de donner à notre pays un avenir qui vaille la peine. C'est qu'il est clair : avec le changement des articles de notre Constitution, c'est floués que nous avons été tous ; c'est piétinés que nous avons été par le despote qui plus que jamais s'est retranché dans son palais du silence, lui qui sans blague finira par emprisonner tous ses ministres sans comprendre qu'il ne s'en condamne que plus lourdement ! Mais voilà en ces jours où l'infamie danse le coupé-décalé de la victoire, ce n'est pas lui qui nous concerne, mais plutôt la profonde solitude camerounaise.

Comment le croire ? Il ne se sera donc élevé aucune voix vraiment forte ailleurs pour déculotter le despote, ni de France, ni d'Angleterre, ni des Etats-Unis ! Ainsi à la différence du Nigeria, notre voisin, où comme nous savons tous Obasanjo, dans des conditions similaires à celles de notre pays, il y a tout juste deux ans fut vertement éconduit par la communauté internationale dans ses maléfiques intentions de changer la Constitution de son pays, chez nous finalement l'EU et les Etats-Unis se seront contentés de murmurer leur désapprobation de forme devant les violences de l'Etat en même temps qu'ils faisaient un clin d'œil complice au potentat. Le visage de leur abandon du peuple camerounais dans le viol public de son expérience démocratique, c'est le kidnapping sur le perron de l'ambassade des Etats-Unis, de Joe la Conscience que même sa méthode non-violente n'aura pas sauvé. C'est l'abandon du chanteur-activiste à son sort dans la cour même d'un pays qui veut nous enseigner la démocratie. Aujourd'hui, la Constitution du Cameroun est ainsi boiteuse de l'article 6.2 qui nous a jadis comme aujourd'hui couté la centaine de morts, et obèse de nombreux autres articles traitres qui de facto nous rejettent vingt ans en arrière, au cœur de la dictature dont à vrai dire nous n'étions jamais sortis.

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Commentaires
ahmed abdel   [France - marseille] 24/04/2008 - 14:51
c'est un vrai salaupard ce BIYA; en tout cas; qu'il sache que meme après 100 ans au pouvoir, une fois qu'il n'y sera plus , il repondra de ses actes devant la justice et passera le reste de ses jours en prison
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