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Yaoundé, 30 juillet 2010
Corruption - Punir par l'exemple
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Cameroun Constitution

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Après la révision constitutionnelle...
Le Rdpc et ses hirondelles
21/04/2008
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Source: Alain B. Batongué (Mutations)

Dans le procès déjà ouvert au sein de l'opinion au sujet de la " fraude sur la procédure d'adoption de la modification de la constitution ", et qui pourrait s'ouvrir dans les prétoires si l'on s'en tient à la détermination du député de la Manyu, point n'est besoin de revêtir les habits du procureur de la République pour dresser un réquisitoire.

En attendant d'écouter, en situation, les représentants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais sur la qualité de la " vraie fausse " procuration supposée signée par Ayah Paul Abine, les faits semblent en effet accabler le parti au pouvoir qui n'avait sans doute pas besoin de cette nouvelle " affaire ".

Un parti qui aura du mal à expliquer cette stratégie suicidaire alors qu'il sortait à peine du double défi lancé par un autre député, Adama Modi, candidat inattendu et rebelle de l'intérieur au poste de président de l'Assemblée nationale après avoir ouvertement récusé le choix de son parti pour Cavaye Yeguié Djibril, finalement réélu à chaque fois. Et qui montre encore une fois comment il a du mal à maîtriser ses troupes et à imposer une discipline et une rigueur sans faille au sein de la formation politique.
Mais pourquoi, précisément, essayer d'imposer une discipline à la soviétique au sein d'une formation politique qui a pourtant accepté, certes par la pression populaire, le retour au multipartisme depuis bientôt 20 ans et qui, au moins dans le discours officiel, encourage dans ses rangs la pluralité des opinions ?

Les hiérarques du parti ne peuvent pas ignorer, comme ont pu l'illustrer les émeutes de février dernier, que la surreprésentation de leur formation politique à l'hémicycle, avec 153 députés sur 180 possible, obtenue au terme d'élections législatives ouvertement contestées compte tenu de l'ampleur des fraudes, était inversement proportionnelle à l'état des populations totalement désabusées politiquement en embarrassées par la cherté au quotidien de la vie. Ils ne peuvent pas non plus ignorer, dans la suite de l'idée, que depuis l'année 2002 il n'y avait plus eu de refonte de listes électorales et que le scrutin présidentiel de 2004 s'est appuyé sur les listes complétées de 2002. Comment dans ces conditions expliquer que dans des circonscriptions comme celles de Meyomessala ou de Zoetelé dans la province du Sud, on ait pu déclarer un taux de participation de 100% (donc, zéro abstention), ce qui signifiait que, dans l'intervalle, il n'y a eu aucun décès dans des zones caractérisées, comme la plupart des zones rurales du pays, par un fort taux de mortalité.

Avec 150 députés (deux sont décédés et n'ont pas encore été remplacés) ayant accepté de rester aux ordres d'une initiative qu'ils n'approuvaient pourtant pas tous, certes contre des compensations financières dont profitera finalement toute la chambre, et un seul qui avait choisi de braver les consignes présidentielles, le Rdpc avait pourtant l'occasion de magnifier une démocratie interne qui encourageait le débat d'idées et la différence d'opinion, certain que cela ne prêtait pas à conséquence sur l'issue du scrutin et le sort de l'initiative du président de la République et du parti au pouvoir.

Mais les habitudes ont la peau dure et le parti a choisi de prolonger un état d'esprit autour de la vague du superficiel, enraciné sur des fraudes en tout genre, qui caractérise son fonctionnement depuis de nombreuses années, en donnant l'illusion, pour l'instant efficace, à un président coupé de sa base, que le peuple est content et le soutient à 100%. Et que les députés, supposés être leurs représentants à l'Assemblée nationale, ne sauraient donc démentir cette "ferveur populaire" à peine contrariée, selon le parti au pouvoir, par des " apprentis sorciers ".

Une hirondelle, a-t-on coutume de dire, n'annonce pas le printemps. Mais au Rdpc, cela fait bien, en très peu de temps, avec Adama Modi et Ayah Paul Abine, deux hirondelles qui bravent les intempéries et toutes sortes de pressions dans un environnement d'abrutissement permanent. Et si, inexorablement, ces deux hirondelles annonçaient un changement de météo politique ?

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