Dans le procès déjà ouvert au sein de l'opinion au sujet de la " fraude sur la procédure d'adoption de la modification de la constitution ", et qui pourrait s'ouvrir dans les prétoires si l'on s'en tient à la détermination du député de la Manyu, point n'est besoin de revêtir les habits du procureur de la République pour dresser un réquisitoire.
En attendant d'écouter, en situation, les représentants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais sur la qualité de la " vraie fausse " procuration supposée signée par Ayah Paul Abine, les faits semblent en effet accabler le parti au pouvoir qui n'avait sans doute pas besoin de cette nouvelle " affaire ".
Les hiérarques du parti ne peuvent pas ignorer, comme ont pu l'illustrer les émeutes de février dernier, que la surreprésentation de leur formation politique à l'hémicycle, avec 153 députés sur 180 possible, obtenue au terme d'élections législatives ouvertement contestées compte tenu de l'ampleur des fraudes, était inversement proportionnelle à l'état des populations totalement désabusées politiquement en embarrassées par la cherté au quotidien de la vie. Ils ne peuvent pas non plus ignorer, dans la suite de l'idée, que depuis l'année 2002 il n'y avait plus eu de refonte de listes électorales et que le scrutin présidentiel de 2004 s'est appuyé sur les listes complétées de 2002. Comment dans ces conditions expliquer que dans des circonscriptions comme celles de Meyomessala ou de Zoetelé dans la province du Sud, on ait pu déclarer un taux de participation de 100% (donc, zéro abstention), ce qui signifiait que, dans l'intervalle, il n'y a eu aucun décès dans des zones caractérisées, comme la plupart des zones rurales du pays, par un fort taux de mortalité.
Avec 150 députés (deux sont décédés et n'ont pas encore été remplacés) ayant accepté de rester aux ordres d'une initiative qu'ils n'approuvaient pourtant pas tous, certes contre des compensations financières dont profitera finalement toute la chambre, et un seul qui avait choisi de braver les consignes présidentielles, le Rdpc avait pourtant l'occasion de magnifier une démocratie interne qui encourageait le débat d'idées et la différence d'opinion, certain que cela ne prêtait pas à conséquence sur l'issue du scrutin et le sort de l'initiative du président de la République et du parti au pouvoir.
Une hirondelle, a-t-on coutume de dire, n'annonce pas le printemps. Mais au Rdpc, cela fait bien, en très peu de temps, avec Adama Modi et Ayah Paul Abine, deux hirondelles qui bravent les intempéries et toutes sortes de pressions dans un environnement d'abrutissement permanent. Et si, inexorablement, ces deux hirondelles annonçaient un changement de météo politique ?
- Cameroun: Dictature, Paul Biya, Roi du Cameroun
- Le Cameroun a trois ans pour éviter des violences postélectorales
- Demande : Paul Biya appelé à gracier les révoltés de février
- Journée de deuil national, le leader du SDF pleure seul
- Cameroun: L’après modification de la constitution du 18 Janvier 1996
- Cameroun : " Deuil national " , L'appel de John Fru Ndi n'a pas été respecté
- After Constitutional Amendment:MPs Rewarded With Colossal Allowances
- Cameroun : Faut-il oublier Joe la conscience ?
- Le Rdpc et ses hirondelles
- Monatélé : Les jeunes du Rdpc à l’école de la révision constitutionnelle















