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Yaoundé, 30 juillet 2010
Akwaya Elite And Constitutional Amendment
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Cameroun Constitution

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Jean-Pierre BIYITI bi ESSAM
Ministre de la Communication
2011 : pour un Cameroun gouvernable, avant, et après
10/04/2008
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Source: Jean-Pierre BIYITI bi ESSAM (Cameroon Tribune)
Revue de presse du Mincom Biyiti Bi essam

* A cause de la querelle Flamands/Wallons que sous d’autres cieux, on qualifierait tribale ou ethnique, le Royaume de Belgique vient tout juste de s’accorder sur le nom d’un Premier Ministre. La vacance du pouvoir aura duré six mois.

* Au Kenya, ce n’est pas encore tout à fait réglé quant au partage des maroquins dans le futur Gouvernement d’union nationale, entre le Président Kibaki et son rival à la présidentielle, et néanmoins futur Premier Ministre Raïla Odinga.

* Lors de son récent voyage outre Manche, le Président français Sarkozy a donné aux Députés de la Perfide Albion la primeur de sa décision d’augmenter les effectifs du contingent des forces françaises en Afghanistan. Les élus du Palais Bourbon ont très modérément apprécié. Il se murmure d’ailleurs que certains penseraient déjà à modifier… la Constitution, afin d’inscrire l’aval préalable de la Représentation nationale à toute décision d’une telle envergure. Leçon : une Constitution, ça peut se modifier.

* Le Président R. Mugabe (84 ans), au terme des dernières élections groupées au Zimbabwe, a perdu la majorité à la Chambre, et perdu aussi la majorité au Sénat ; peut-être en sera-t-il de même à la présidentielle où il est candidat à sa propre succession ; les résultats, pour ce dernier scrutin, nous rappellent la Floride mais ça, c’est une autre histoire…

* L’ancien Premier Ministre britannique Tony Blair a légué le pouvoir à son copain (au sens étymologique de cum pane) Gordon Brown. L’arrangement s’était fait, rapporta à l’opinion publique la presse britannique, quelques années plus tôt au cours d’un dîner entre copains. Le peuple britannique n’a rien eu à dire. Aux dernières nouvelles, M. Gordon Brown est toujours Premier Ministre de Sa Majesté. Le Haut Commissaire du Cameroun en Grande Bretagne n’a fait aucun commentaire. Ce n’est pas son rôle.

* Tel un goutte-à-goutte distillé à la cadence d’un supplice oriental, la Radio mondiale, chaque matin que Dieu crée depuis 201 jours, égrène les heures de détention d’un journaliste africain, en l’occurrence son correspondant. Celui-ci, nous apprend-on, entretenait des contacts, qualifiés strictement professionnels par Rfi, avec les rebelles de son pays.

* Risquons une question malséante : combien de journalistes espagnols entretiennent-ils, avec les rebelles de l’ETA, des contacts strictement professionnels ? Et combien de journalistes de France Inter, RTL, Europe 1… avec les rebelles corses ? Si jamais il s’en trouve, ce dont on peut raisonnablement douter – question subsidiaire à Robert Ménard – de quelle profession s’agirait-il ?

* Toutes ces coupures de journaux ici mises en exergue, et qui véhiculent la Rumeur et les humeurs du Monde nous rappellent quelques vérités de La Palice toujours bonnes à répéter : les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ; c’est pourquoi chaque Etat doit s’occuper de ses affaires. En diplomatie, ça s’appelle la non ingérence.

* Une autre constante s’impose : le monde et l’Afrique d’aujourd’hui ont à relever un défi majeur, au-delà de la gouvernance : celui de la gouvernabilité. Ils sont en effet pléthore en Afrique et de par le monde, les exemples qui montrent à l’envi qu’il ne faudrait prendre aucun risque, sur le terrain de la gouvernabilité c’est-à-dire, du fonctionnement normal des Institutions. Ce fonctionnement ne saurait faire l’objet d’aucun chantage, ni d’aucune obstruction.

* Apportant une réponse concrète à l’appel pressant du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, ainsi que des Camerounais de tous bords, le Président de la République dont c’est l’une des prérogatives, vient de faire déposer sur le Bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de Loi modifiant les dispositions des articles 6, 14, 15, 51, 53 et 67 de la Loi 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972.

* Cet acte intervient au terme d’un large débat national, qui aura très abondamment irrigué une presse nationale audio-scripto-visuelle et cybernétique riche de dizaines de titres indépendants, des semaines et des mois durant. Quel observateur de bonne foi peut douter de la liberté de la presse au Cameroun ? Et partant, de l’authenticité du débat que celle-ci vient de porter ?

* Voici donc que ce débat franchit le Rubicon, pour entrer dans l’Auguste Chambre élue par le peuple camerounais.

* C’est l’heure, c’est le lieu de rappeler que la vie politique au Cameroun est animée par les Partis politiques qui, de par notre Constitution, concourent à l’expression du suffrage universel. Des élections libres ont récemment renouvelé le Parlement camerounais. Celui-ci est compétent, dans le cadre du fonctionnement normal de nos Institutions, pour examiner le projet de Loi qui lui est soumis. Il appartient au Parlement, au terme de ses délibérations, d’adopter tel quel le projet, de l’adopter après amendements, ou alors, de le rejeter. Ce n’est pas à la rue d’en décider.

* Cependant qu’il faudrait être devin pour prédire aujourd’hui, mardi 08 avril 2008, qui sera candidat à l’élection présidentielle certaine, mais encore lointaine de 2011 au Cameroun. Et prophète en Galilée pour annoncer qui la gagnera, cette élection-là car, point ne suffit d’organiser une élection pour la gagner.

* Le projet en examen ne vise pas, comme aiment à seriner certains médias, à permettre au Président Paul Biya de s’éterniser au pouvoir. Il vise plutôt à aider les Camerounais à relever ensemble un défi vital : que le Cameroun soit et demeure stable, et gouvernable, à la veille, et au-delà de 2011.
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