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Yaoundé, 10 September 2010
La fonction présidentielle limitée à deux mandats, quelles conséquences sur l’Afrique ?
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Cameroun Constitution

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Dr. James Onobiono
PDG SITABAC. Membre du Comité Central du RDPC. Diplômé de Mathématiques Appliquées
"J’avoue que pour moi c’est un faux problème..."
06/11/2007
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Source: Alain Mbôh à Mbeck (Le Clairon du Mbam)
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Affirmez-vous que le processus de privatisation a été un échec dans notre pays ?

Si l’on s’en tient à la plupart des privatisations qui ont été conduites dans notre pays, on doit malheureusement affirmer qu’elles ont été un échec. C’est vrai qu’il y a un secteur que tout le monde cite en exemple, celui de la banane notamment, qui a fait l’objet d’une privatisation réussie. Mais, il faut connaître l’ensemble des « prérequis » comme disent les Américains, c’est-à-dire des conditions qui ont permis que cette privatisation connaisse effectivement un succès. Il y a des éléments favorables, notamment l’accès sur le marché européen, les subventions de l’Union Européenne dans le secteur, et bien entendu une certaine tradition de la culture de la banane dans la zone concernée. Tous ces éléments ont contribué à ce que la culture de la banane connaisse un essor. Cela n’a pas été le cas avec les autres privatisations. Le drame, c’est qu’on n’a pas assez associé les compétences locales dans la négociation des contrats, et que nos méthodes de gouvernance, où le secret est la pierre cardinale et où tout responsable, voudrait s’approprier seul des dossiers qui nécessitent très souvent des compétences diverses, n’arrangent rien.

Comment expliquez-vous cette mise à l’écart des nationaux ?

On n’a pas appris que les grands hommes d’affaires nationaux ont repris une entreprise locale. Il y a pourtant eu une réelle volonté de leur part, mais celle-ci a été étouffée par la Banque Mondiale et le FMI. Car en réalité, les opérateurs économiques nationaux étaient d’avance exclus du processus des privatisations. Pour prendre un exemple très simple, je vais citer le secteur des télécommunications. Lorsque la France a voulu privatiser ce secteur, la première chose a été de procéder à la dérégulation et à l’élaboration des textes devant fixer le cadre législatif et réglementaire des activités dans le secteur. Par la suite, on a imposé des acteurs locaux qui devaient s’associer à des opérateurs soit nationaux, soit internationaux. C’est ainsi, par exemple que BOUYGUES, qui est originellement une entreprise de travaux publics, s’est retrouvé opérateur dans le téléphone. C’est également ainsi que le groupe VIVENDI opérant dans le secteur des services, eau, énergie et distribution, a pu créer une filiale qui a acquis une licence de télécommunication. Et, ils se sont associés à des opérateurs du secteur : nationaux ou internationaux. Voilà donc comment on retrouve à ce jour, en plus de France Télécom, une société publique (ancien monopole), deux opérateurs de télécommunications dans le secteur en France, à savoir BOUYGUES et VIVENDI par SFR.

Au Cameroun, si vous prenez le cahier de charges élaboré sous la direction de la Banque Mondiale et le FMI, ils ont précisé dès le départ que pour prétendre à l’obtention d’une licence dans le secteur des télécommunications, il fallait avoir été opérateur au moins pendant dix ans, et que cet opérateur n’avait pas d’obligation de s’associer aux Camerounais. Vous comprenez donc que les opérateurs camerounais, même étant en possession des compétences ou des moyens, ne pouvaient prétendre à rien. Et voilà ce qu’il y a de dramatique dans ces privatisations.
Si cette condition avait été dictée en France, ni BOUYGUES, ni VIVENDI n’auraient jamais eu de licences, car n’ayant pas l’expérience souhaitée dans le secteur. Seules des entreprises étrangères auraient postulé. En France, aux Etats-Unis, en Angleterre, le secteur des télécommunications tout comme beaucoup d’autres étaient des monopoles publics.

Voilà donc deux approches du processus de privatisation bien différentes. Celle de chez nous est incompréhensible, car le Cameroun n’appartient pas à un groupe de personnes. Il est une propriété collective. Les ressources qui ont été mises dans ces entreprises sont camerounaises. C’est bien avec l’argent des impôts des Camerounais que ces entreprises ont vu le jour.

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