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Je dirais d’abord que la condition pour réviser une Constitution n’est pas que l’ensemble des institutions qui y sont prévues soient déjà existantes. Tout dépend des éléments qui rendent la révision opportune. S’agit-il des éléments liés à la nature même des institutions qui existaient ? Est-il question des éléments liés aux mécanismes d’accession au pouvoir ? Ou encore s’agit-il des éléments concernant les mécanismes de gestion de la transition. Le plus important, à mon sens, ce ne sont pas les institutions qui ne sont pas encore opérationnelles, d’ailleurs notre Constitution prévoit clairement dans une disposition précise qu’elles seront mises en place de manière progressive sans arrêter une date butoir. Mais aujourd’hui, compte tenu du contexte politique national avec des appétits qui s’aiguisent dans l’ombre en prévision de la date de 2011, les Camerounais se posent, avec raison, la question de savoir ce que sera le Cameroun de demain. Il se dit que certains compatriotes, et groupes de personnes ont amassé des fortunes dans la perspective de la conquête du pouvoir en 2011. Un peu comme une armée qui amasse armes et munitions pour l’assaut final avec tous les risques et dégâts collatéraux d’une bataille au front de la conquête de la magistrature suprême. Si cela est vrai, il s’agit d’un environnement nouveau propice à l’instabilité. Alors qu’est-ce qui va se passer à cette échéance majeure s’il n’y a pas un certain nombre de mécanismes constitutionnels mis en place pour préserver l’intérêt général ? Aussi la question fondamentale qui mérite d’être posée aujourd’hui n’est-elle pas celle de savoir si les propositions que contiendrait le projet de révision constitutionnelle cimentent de manière encore plus efficace l’Etat de droit et concourent à la défense de l’intérêt supérieur de la nation.
Le Cameroun n’a pas besoin à sa tête d’un homme riche mais d’un homme d’Etat au service de l’intérêt général et du bien-être des populations. Certes, cela n’est pas incompatible mais il y a un minimum d’éthique et de probité que le peuple est en droit d’attendre de tout prétendant à la magistrature suprême. Un pays n’est pas une marchandise à vendre au plus offrant.
Le principe de précaution compte tenu de l’environnement actuel nécessite des balises, appelle à une meilleure régulation de l’alternance ou de la succession au pouvoir.
Pour certains, cette révision n’a qu’un seul but : pérenniser Paul Biya au pouvoir…
Il est dommage de penser cela. Je crois que tout homme d’Etat est avant tout un visionnaire. Tout homme d’Etat a pour ambition de marquer son temps, de marquer l’histoire. Une telle ambition suppose une volonté innée de poser les jalons, de jeter les bases qui permettent de juger la durabilité et l’efficacité de son action dans le temps. Et le président Paul Biya est Chef d’Etat aujourd’hui, demain ce sera autour d’un autre Camerounais d’exercer les fonctions suprêmes, c’est un processus normal. Je pense alors que c’est un mauvais procès de soutenir que la révision constitutionnelle envisagée vise uniquement à maintenir le président Paul Biya au pouvoir.
Par ailleurs, la limitation du mandat ne garantit pas l’alternance au pouvoir encore moins la démocratie. Elle assure essentiellement le changement d’hommes. S’agit- il donc d’une question d’homme ? Nous pensons qu’il s’agit d’une question d’Etat. L’essentiel est ailleurs : mettre en place les mécanismes de consolidation de la démocratie, développer la démocratie sociale à travers le société civile, garantir réellement et efficacement les droits et libertés des citoyens l’équité et la justice sociale, protéger le citoyen contre l’arbitraire et les abus de toute sorte.
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- Gaston KOMBA: Révision constitutionnelle: «L’essentiel est de préserver les fondations»
- René SADI: «La révision de la Constitution est enjeux majeur»
- Maïgari BELLO BOUBA: Révision constitutionnelle: Le oui mais… de l`UNDP
- Marcel-Duclos EFOUDEBE: Qui arrêtera le soldat Biya ?
- Paul ATANGA NJI: «The modification is for general interest»
- Antar GASSAGAY: «La révision constitutionnelle est la bienvenue»

















