La scène politique est, depuis quelques semaines, agitée par le débat sur la révision constitutionnelle. Quel regard jetez-vous sur cette question qui divise la classe politique ?
J’ai déjà donné mon point de vue, il y a plus d’un mois, sur l’opportunité de la révision de la Constitution, notamment en son article 6. Cette révision ne devrait pas uniquement concerner l’alinéa 2. Il y a aussi l’alinéa 4 du même article. La révision constitutionnelle prévue est vraiment la bienvenue. Pour une raison simple : depuis que cette Constitution a été promulguée en 1996, tout le monde a assisté à une mobilisation d’un certain nombre de hauts responsables de l’Etat. Ceux-ci se sont vus chef d’Etat en 2011. Ils se sont regroupés dans ce que les journaux ont appelé le « G11 », d’autres se sont organisés tout seuls. Mais tous, sans exception, ont commencé à mettre de l’argent de côté. Et c’est de l’argent public.
Alors cet article 6, alinéa 2, a favorisé énormément les détournements de deniers publics en masse. Les prétendants à la magistrature suprême ont également essayé de procéder à des règlements de comptes ou à des promotions injustifiées. Tout cela, dans le souci de se faire des alliances à l’intérieur, pour que, le moment venu, ils puissent accéder au pouvoir. D’autres sont allés jusqu’à construire des alliances à l’extérieur, finançant des campagnes électorales qui ne nous concernent nullement.
Quel est donc le danger supplémentaire du maintien de cet article 6, alinéa 2 ? C’est que ces différents groupes se sont préparés sur le plan financier et sur le plan des alliances. Or, comme il n’y a qu’un seul poste de chef de l’Etat, ces gens, dotés des fonds suffisamment importants pour constituer une petite armée, vont commencer à se battre dans le but d’éliminer tous ceux qui ne sont pas de leur obédience. Les Camerounais ont longtemps souffert, ils souffrent même encore, il n’est donc pas possible de se lancer dans un désordre qui est une rupture de la paix civile. Nous venons de voir ce qui s’est passé au Tchad en deux jours. Deux jours seulement de rupture de la paix civile. Les conséquences sont là.
- Gaston KOMBA: Révision constitutionnelle: «L’essentiel est de préserver les fondations»
- René SADI: «La révision de la Constitution est enjeux majeur»
- Maïgari BELLO BOUBA: Révision constitutionnelle: Le oui mais… de l`UNDP
- Marcel-Duclos EFOUDEBE: Qui arrêtera le soldat Biya ?
- Paul ATANGA NJI: «The modification is for general interest»
- Antar GASSAGAY: «La révision constitutionnelle est la bienvenue»
















