Et voilà que, comme par hasard, des motions de soutien, venant des « quatre coins du pays » – selon la version officielle – implorent le Prince de modifier la Constitution, en vue de pouvoir briguer un nouveau mandat. Evidemment, l’homme – qui n’a que 75 ans – n’est pas insensible à cette marque d’affection de « son » peuple. Si, du même coup, il peut décourager ceux de son camp qui seraient pressés de prendre sa place…
C’est la provocation de trop, et ce n’est pas la deuxième place des Lions Indomptables en Coupe d’Afrique des Nations qui y changera quelque chose. Le peuple camerounais – dont des pseudo-analystes avaient dit qu’il « ne s’occupait plus de politique » – s’est levé comme un seul homme. L’idée de devoir subir un autre septennat de Paul Biya lui est apparue comme insoutenable. Les Camerounais, du Cameroun et de la diaspora, ont donné de la voix. Le Prince, comme a son habitude, s’est énervé. Ses hommes, toujours pressés de lui faire plaisir, ont fait le reste. Des leaders politiques ont été traqués, la presse a été intimidée, des chaines de radio et de télévision ont été fermées, les manifestations publiques interdites.
Le peuple, lui, n’a rien voulu entendre. Il est descendu dans la rue, pour manifester sa Colère et son Indignation. Il a crié d’autant plus fort que son pouvoir d’achat, déjà bien maigre, ne cessait de baisser, pendant que les prix des denrées de première nécessité continuaient de grimper. La grogne a gagné toutes les grandes villes du pays. Le Prince a, une fois de plus, envoyé ses forces de l’ordre. Une véritable chasse à l’homme s’est ouverte. Elle ne s’est refermée qu’une semaine – et une centaine de morts – plus tard.
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