A cette époque là – il y a si longtemps… – même les Camerounais les plus réservés applaudissaient et acclamaient cet homme qui promettait de changer les mentalités, de lutter contre la Corruption, de restaurer la Rigueur et la Moralisation dans notre pays. Il avait même donné un nom à cette politique nouvelle: le Renouveau. Même s’il n’était pas un homme nouveau – il était aux affaires depuis déjà si longtemps… –
il promettait des choses qui apparaissaient, alors, comme nouvelles. Et tout le monde y a cru. Il est vrai que la propagande gouvernementale ne se faisait pas prier pour étaler au grand jour les faits et méfaits de son « illustre prédécesseur », un certain… Ahmadou Ahidjo.
Tout le monde espérait beaucoup de choses de cet homme que l’on disait beau, calme, souriant, et… intellectuel. Oui, intellectuel, car l’homme avait fait des études de droit. Un juriste, c’est toujours mieux qu’un télégraphiste, pour diriger un pays. Comme si cela ne suffisait pas, notre homme « nouveau » avait réussi l’exploit de se débarrasser de la tutelle encombrante de son « illustre prédécesseur ». Il l’a même – autre exploit – fait condamner à mort. Par contumace, comme on dit en langage juridique. Ça aide, le droit…
Tout était beau, très beau. La lune de miel, entre Paul Biya et les Camerounais, n’en finissait pas. Ecrivains, journalistes, intellos ou pseudo-intellos, chanteurs, comédiens, tout le monde chantait les louanges de cet oiseau rare venu de Mvomeka’a.
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