Supposons qu’au journal de ce soir, le président de la République décide de démissionner de ses fonctions, avec effets immédiats. Que se passerait-il alors? C’est de cette hypothèse d’école, formulée avec l’appui d’un expert constitutionnaliste, que part Issa Tchiroma Bakary pour expliquer le choix de sa formation politique de soutenir la modification de la Loi fondamentale. Le président national du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) a présenté la position de son parti politique hier au cours d’une conférence de presse fort courue, tenue en fin de matinée dans un des salons feutrés de l’hôtel Hilton de Yaoundé. Les journalistes de la presse nationale et internationale, les membres de la société civile, des diplomates et même des élus à l’Assemblée nationale…se marchaient pratiquement sur les pieds. Si, à vrai dire, la position de Issa Tchiroma en faveur de la révision constitutionnelle ne faisait l’ombre d’aucun doute, l’on voulait surtout apprécier la pertinence des arguments utilisés par le leader du Fsnc pour défendre sa position.
Pendant son exposé liminaire et, surtout, au cours de la séance questions-réponses avec les hommes de presse, le leader du Fsnc va d’abord faire prévaloir sa fibre nationaliste, comme argument numéro un. « Je suis un homme libre », dira-t-il à la suite d’une question, avant de poursuivre : « Il se trouve que j’aime ce pays qui est le nôtre à tous. Mon devoir est donc, en tant que leader politique, de prendre position, même si mes propos semblent aller à contre-courant ». Et effectivement, certains journalistes ont affirmé « ne plus reconnaître » l’orateur du jour qui, ont-ils dit, a radicalement changé sa position. « Je suis le disciple de Winston Churchill, et en tant que tel, je ne peux rester dans la bêtise. Je change donc de position, au nom de l’intérêt supérieur de mon pays », a-t-il déclaré. « Et, je suis de ceux qui sont en mesure de dire ce qui ne va pas, quand cela ne va pas », a-t-il ajouté.
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