Quand la pression populaire se faisait forte, Paul Biya, alias le Prince, alias le Sphinx – au choix – jetait un peu de lest. Il faisait un énième remaniement ministériel. Il envoyait quelques corrupteurs en prison – ou en « exil », dans une ambassade à l’étranger – le temps de se faire oublier, pour mieux revenir aux affaires
Quand la pression montait encore, il imposait la sélection de Roger Milla pour le Mondiale italien. Au pays de Thomas Nkono, le football est une religion, un véritable opium capable de doper la population, et de la mobiliser pour en avoir les faveurs sur le plan électoral…
Et quand la pression montait encore – le mondiale n’étant pas éternel –, le Prince se montrait compréhensif, en limitant la fraude électorale, sans risquer de perdre le pouvoir…
Et quand elle montait encore, il modifiait la Constitution, instaurait le Septennat, limitait à deux le nombre de mandats successifs.
Et le peuple continuait de protester. On lui donnait Patrick Mboma et la Coupe d’Afrique des Nations, mais rien n’y fit. Il continua de rouspéter. En se disant qu’au pire, le Sphinx partirait quand même, en 2012. Il commença donc à préparer l’« après Paul Biya »…
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