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Yaoundé, 30 juillet 2010
Parliamentary privilege, proxies and hate politics
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Cameroun Constitution

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Stéphane AKOA
Stéphane AKOA
Politiste. Chercheur à la Fondation Paul Ango Ela. IEP de Lyon II, DEA de droit public et analyse politique (Université Lyon III).
Politologue
"...il n’y avait aucun élément objectif qui imposait qu’une révision de la Constitution soit demandée en ce début d’année 2008"
15/04/2008
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Source: Stéphane AKOA (La Nouvelle Expression)
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En tant qu’observateur de la vie politique, qu'est-ce qui vous a marqué dans le processus de révision de la constitution: la mobilisation du parti dominant, les hésitations présidentielles, la voie parlementaire?

Au-delà des positions partisanes, il n’y avait aucun élément objectif qui imposait qu’une révision de la Constitution soit demandée en ce début d’année 2008. Nous n’étions pas face à une crise politique due à un blocage des institutions que ne pouvaient résoudre les dispositions contenues dans le texte qui tenait lieu, jusqu’à lors, de Loi Fondamentale. J’ai été surpris par le timing. J’ai été surpris par la somme des arguments déployés par les amis et les proches du Prince pour essayer de justifier ce qui, en réalité, n’était qu’une manœuvre pour la conservation du pouvoir au-delà de l’échéance que la règle imposait. Ensuite, la mobilisation du RDPC ?! C’est sa seule fonction : les cadres à la tribune entonnent la chanson, les militants, dans la salle, reprennent à tue-tête le refrain ! Les hésitations présidentielles ? Pure malice tactique. Le choix de la voie parlementaire ? Il fallait habiller le décret d’un semblant d’onction par la représentation nationale !

Les propositions des forces d'opposition, comme on a pu le voir avec l'Udc n'ont pas été prises en compte. Faut-il s'en étonner?

Je dirais plutôt que tout cela a laissé un sentiment de tristesse, un malaise. Il est très étrange, en effet, que les choses soient allées si vite ! Bazardées comme un sujet anodin. Anecdotique. Et il est triste de constater qu’aucune des suggestions que voulaient apporter les formations de l’opposition n’aient été retenues. Juste à peine écoutées. Vite balayées d’un revers de la main. Comme méprisées par la majorité parlementaire. C’est une faiblesse inquiétante de notre démocratie.

Sur le fond: les débats enregistrés ont-ils pu se situer à hauteur des défis actuels du Cameroun?


A l'évidence non ! Les deux points qui situent ma « déception » ?! D’une part, dans le texte soumis l'autre jour à proposition pour la révision, il n'y avait aucun emprunt au droit anglo-saxon. La philosophie qui a dominé le processus, tant au plan de la manière que sur celui du contenu des articles à modifier, s'inspirait sans nuance des mécanismes et principes constitutionnels français. Ce qui est une triste négation de notre double identité historique. Et un refus de prendre, à d'autres sources du droit, matière à assurer notre renouveau démocratique ! L'autre motif d'amertume vient du curieux renoncement des Députés qui n'ont pas manifesté la moindre velléité d'introduire des dispositions qui auraient pu redonner quelques allures novatrices au texte déposé par le Gouvernement : aucune mention d'un poste de vice-président … ce qui est une « claque » pour celles et ceux qui avaient spéculé sur cette éventualité et fondé leurs calculs sur les possibilités qu'aurait ouvert une telle disposition institutionnelle … aucune mention non plus de la place de l'opposition sous la forme d'un statut reconnu. Avec, au final, le Premier Ministre qui reste un simple super Directeur du Cabinet Civil, sans autorité réelle sur son équipe ni aucune responsabilité démocratique. Et, intouchable sur son piédestal, un hyper-Président solitaire.

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