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Me Alice NKOM
Avocate et Responsable de l'ONG WVS(Women’s Voters and Sons) et Presidente de ADEFHO(Association camerounaise pour la défense de l'homosexualité)
Révision constitutionnelle et Homosexualité au Cameroun
18/05/2006
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A la fin de cet article publié par "InfoSud - Syfia", Pour Me Alice Nkom, la répression de l'homosexualité au Cameroun est une violation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Pacte international des droits humains. "Dès que le fonctionnement du Conseil constitutionnel sera effectif, je le saisirais pour qu’il annule cette disposition", martèle Me Michèle Mpacko.

------------ Intégralité de l'article publié par InfoSud - Syfia ------------

Homosexualité au Cameroun Passions et répressions

(Syfia Cameroun) En dépit des interventions courageuses de ses défenseurs, l’homosexualité, punie par la loi, est toujours considérée au Cameroun comme une dangereuse perversion. Surtout depuis la publication fin janvier d’une liste de personnalités présumées homosexuelles.

"Comme la polygamie en France, disons non à l’homosexualité au Cameroun !" ; "Un gars me touche, je le tue !". Les pancartes brandies par le public qui assistait le 9 mai à une conférence organisée au Centre culturel français (CCF) de Douala par l’Association de défense des droits des homosexuels (Adefho), sur le thème "L’homosexualité, perversion ou nature sexuelle : la répression est-elle la réponse ?" étaient sans équivoque. EN ouvrant les débats, Bruno Essard Budail, un responsable du CCF, s’est dit "choqué par la marginalisation des homosexuels au Cameroun". Me Alice Nkom, avocate et présidente de l’Adefho, est allée dans le même sens. Pour elle, "l’homosexualité est une nature. Les personnes qui ont cette identité ne doivent pas être rejetées. Il s’agit du respect des droits de l’Homme et de la diversité humaine". Me Michèle Mpacko, avocate, est du même avis : "Refuser d’avoir les mêmes références sexuelles que l’autre est aussi banal qu’aimer le chocolat ou préférer le beurre". Mais pour la grande majorité des Camerounais, l’homosexualité reste un vice, une contre-valeur d’importation occidentale. "Nous ne la tolérerons jamais au Cameroun !", résume Banda Kani, homme politique, très applaudi durant la conférence. "Il s’agit, estime-t-il, d’organiser la désintégration culturelle de nos sociétés, de créer artificiellement de nouvelles classes sociales afin d’aggraver les oppositions et les divisions africaines, pour justifier de nouvelles missions civilisatrices". Depuis la publication fin janvier par certains journaux d’une liste de 50 personnalités présumées homosexuelles, l’hostilité contre cette "perversion" s’est renforcée. Lors d’un débat à Yaoundé début février, Suzanne Kala Lobe, journaliste qui a appelé au respect du droit des homosexuels à la différence, a été publiquement huée. Peu après, Me Alice Nkom a été brutalisée à Yaoundé quand elle a demandé au tribunal la libération d’homosexuels détenus sans jugement. L’avocate est par ailleurs régulièrement harcelée au téléphone par des anti-homosexuels jugeant ses prises de position de l’ordre du "sacrilège".
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