
Les différentes coteries et confréries de pouvoir appartenant à la nomenclature et à la privilégiature gouvernantes sont soumises à des actes rituels de pouvoir destinés à vérifier inquisitorialement leur docilité (mais aussi leur servilité) par le moyen de la signature de motions et de pétitions valant comme certificats d’allégeance et serments de redevance qui seront utilisés pour garantir le processus de reconstitution et de reconsolidation d’une présidence absolue. Ce faisant, la soumission de ces élites gouvernantes au rituel politique présidentialiste comportant des actes sacrificateurs tels que l’immolation de la clause limitative des mandats présidentiels prévues à l’article 6.2 de la constitution du 18 janvier 1996, permet de confisquer symboliquement et psychiquement, leurs chances de présidentiables en tant que chances de puissance. Il s’agit alors de confirmer ces élites de pouvoir dans leur position vassalique ou quasi vassalique de seigneurs moyenâgeux accompagnant la carrière impériale et/ou perpétuelle du prince président avec l’accès aux offices et bénéfices gouvernants comme dépouilles d’Etat.
Les développements nouveaux de la campagne gouvernante pour la restauration de la présidence impériale, perpétuelle et personnelle, avec son endossement par le parti gouvernant Rdpc posé en parti d’Etat, montrent que cette mobilisation des puissances hégémoniques est bien partie du signal pavlovien lancé par Paul Biya à ses obligés et protégés politico-institutionnels ou politico-relationnels. En activant ainsi ses réseaux gouvernants, le président Paul Biya travaille à créer les conditions sociopolitiques et juridico-politiques de sa renaissance symbolique et pratique en tant que phénix gouvernant. Le chef du régime du Renouveau apparaît alors comme le grand machiniste politique qui ordonne et conduit la relance du manège présidentialiste perpétuel et sempiternel.























