
Le spectacle politique conformiste, légilimiste et clienteliste des motions de soutien et des appels à modification de la constitution en vue d’un repositionnement du président Paul Biya comme détenteur viager de la charge gouvernante suprême qu’est le président de la République (en tant qu’institution), vise à la restauration politique et institutionnelle de la présidence perpétuelle et personnelle. Ce spectacle participe de la construction manipulée et forcée de la nécessité politique et juridique gouvernante de poser le magistrat présidentiel non plus en magistrat constitutionnel et constitué mais plutôt en magistrat supra constitutionnel et souverain. Dans une telle optique, il s’agit alors de mettre en scène une liturgie néo impériale de la déférence et de la révérence présidentialiste célébrant une concession emphytéotique de la présidence à un grand sénateur attitré, ainsi investi d’une charge suprême.
Les grands, moyens et petits barons du régime ont fait preuve de réflexes psychologico-politiques dignes des expériences de Pavlov pour répondre au signal stumulus donné par le président Biya dans son entretien sur France 24 avec le journaliste français Ulysse Gosset. En laissant entendre que les constitutions n’étaient pas faites ”ne varietur’’, lorsqu’il s’est exprimé au sujet du débat sur la pertinence ou la non pertinence d’une révision constitutionnelle spécifiquement ou prioritairement intéressée par une abrogation des dispositions de l’article 6.2 énonçant une clause limitative des mandats présidentiels à deux septennats, le président Paul Biya, expérimentateur politique gouvernant, a activé les réflexes comportementaux loyalistes et légitimistes, mais aussi clientélistes et carriéristes, des élites gouvernantes qui ont réagi à son message stimulus à l’image des chiens de Pavlov répondant aux stimulations expérimentales du célèbre psychologue russe. L’agitation gouvernante qui s’est manifestée entre les mois d’octobre et de novembre 2007 au Cameroun relève d’une campagne politique de restauration d’une hyper présidence souverainiste déliée des obligations contraignantes de temps posées par l’article 6.2 de la constitution du 18 janvier 1996. Cette opération de reconquête gouvernante d’une présidence impériale et hégémonique s’est appuyée sur des manœuvres, manipulations et manigances politiques gouvernantes permettant de soumettre les élites dirigeantes à un nouveau processus de vérification de leur conformité comportementale, mentale et sentimentale à un dressage politique et social en faisant des moutons de panurge indéfectiblement soumis au sempiternel pasteur présidentiel.























