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Yaoundé, 10 September 2010
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Cameroun Constitution

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Pr. Mathias Eric OWONA NGUINI
Pr. Mathias Eric OWONA NGUINI
Socio-Politiste, Enseignant de l'Université de Yaoundé II à Soa, Chercheur à la Fondation Paul Ango Ela.
Politologue
Révision constitutionnelle: La stratégie du RDPC dévoilée
05/12/2007 [9 Comments]
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Source: Pr. Mathias E. Owona Nguini (La Nouvelle Expression)
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Liturgie néo-impériale

Le spectacle politique conformiste, légilimiste et clienteliste des motions de soutien et des appels à modification de la constitution en vue d’un repositionnement du président Paul Biya comme détenteur viager de la charge gouvernante suprême qu’est le président de la République (en tant qu’institution), vise à la restauration politique et institutionnelle de la présidence perpétuelle et personnelle. Ce spectacle participe de la construction manipulée et forcée de la nécessité politique et juridique gouvernante de poser le magistrat présidentiel non plus en magistrat constitutionnel et constitué mais plutôt en magistrat supra constitutionnel et souverain. Dans une telle optique, il s’agit alors de mettre en scène une liturgie néo impériale de la déférence et de la révérence présidentialiste célébrant une concession emphytéotique de la présidence à un grand sénateur attitré, ainsi investi d’une charge suprême.

Les grands, moyens et petits barons du régime ont fait preuve de réflexes psychologico-politiques dignes des expériences de Pavlov pour répondre au signal stumulus donné par le président Biya dans son entretien sur France 24 avec le journaliste français Ulysse Gosset. En laissant entendre que les constitutions n’étaient pas faites ”ne varietur’’, lorsqu’il s’est exprimé au sujet du débat sur la pertinence ou la non pertinence d’une révision constitutionnelle spécifiquement ou prioritairement intéressée par une abrogation des dispositions de l’article 6.2 énonçant une clause limitative des mandats présidentiels à deux septennats, le président Paul Biya, expérimentateur politique gouvernant, a activé les réflexes comportementaux loyalistes et légitimistes, mais aussi clientélistes et carriéristes, des élites gouvernantes qui ont réagi à son message stimulus à l’image des chiens de Pavlov répondant aux stimulations expérimentales du célèbre psychologue russe. L’agitation gouvernante qui s’est manifestée entre les mois d’octobre et de novembre 2007 au Cameroun relève d’une campagne politique de restauration d’une hyper présidence souverainiste déliée des obligations contraignantes de temps posées par l’article 6.2 de la constitution du 18 janvier 1996. Cette opération de reconquête gouvernante d’une présidence impériale et hégémonique s’est appuyée sur des manœuvres, manipulations et manigances politiques gouvernantes permettant de soumettre les élites dirigeantes à un nouveau processus de vérification de leur conformité comportementale, mentale et sentimentale à un dressage politique et social en faisant des moutons de panurge indéfectiblement soumis au sempiternel pasteur présidentiel.

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Comments
Bertin   [obala] 29/03/2008 - 13:04
Le leader présidentiel et présidentialiste, qui s’impose aux barons gouvernants comme prince central inamovible et qui leur concède d’accentuer leurs manœuvres prédatrices pour faire main basse sur l’Etat afin de soigner de manière compensatrice leurs prétentions présidentielles frustrées et lésées, est lui-même pris dans la dynamique sclérosante sous-développante et inhibante du pouvoir perpétuel. Comme ses grands, moyens et petits barons gouvernants, le prince central est volontairement ou involontairement saisi par la mécanique d’indiscipline, d’indécence et d’indélicatesse d’une gouvernance étatique cannibalisant ses atouts et démultipliant ses travers ; une gouvernance hégémonique désaxée parce que balançant entre houphouêtisation finissante, mobilisation rampante et bourguibisation menaçante.
Wandji Maturin   [Cameroun - Yaoundé] 28/03/2008 - 19:57
C’est en constitutionnaliste, sans parti pris, que je voudrais, avec vous, apporter des éléments de réponse à cette question d’actualité aussi centrale que délicate. La réflexion s’inscrit dans un contexte singulier en Afrique, celui d’une d’un néo-constitutionnalisme libéral qui tend à succomber sous les coups de révisions régressives, parfois initiées peu après la promulgation de la Constitution, comme en République Démocratique du Congo à l'automne 2007. Un chef de l’Etat peut-il impunément faire changer par une représentation nationale complice l’œuvre du constituant des années 1990 et 2000 ? Des révisions sur-mesure peuvent-elles venir - ouvertement ou subrepticement - défaire sans limite la Constitution originelle, pour créer un sénat d’inspiration bonapartiste[1], supprimer le second tour de l’élection présidentielle[2], coupler les élections législatives et présidentielles[3], ou encore rétablir la possibilité d’être président à vie[4] ? Le juge constitutionnel est-il contraint d’avaliser des révisions rejetées par l’opposition, comme le Conseil Constitutionnel du Burkina Faso en 2005 ? Ces interrogations sont au cœur de l’actualité constitutionnelle africaine, une actualité largement méconnue et passablement déformée.
Tandong Mbappé   [Limbé] 28/03/2008 - 19:56
Certains opposants à la modification de l'article 6 alinéa 2 affirment qu'il faut absolument consulter le peuple par référendum pour modifier cette disposition de la Constitution. Pour ceux-là, parce que le RDPC dispose d'une « majorité écrasante », pour reprendre leur terminologie, à l'Assemblée nationale, celle-ci doit être exclue du processus de révision constitutionnelle.
Mbala Claude   [Cameroun] 25/03/2008 - 10:28
La Constitution du Cameroun est la loi suprême de la République du Cameroun. Le document se compose d'un préambule et de 13 parties, chacune divisée en articles. La Constitution définit les droits garantis aux citoyens camerounais, les symboles et les institutions officielles du pays, la structure et les fonctions du gouvernement, la procédure par laquelle la Constitution ne peut être modifiée, et le processus par lequel les dispositions de la Constitution doivent être mises en œuvre .
Anomyme   25/03/2008 - 10:17
La Constitution du Cameroun est la loi suprême de la République du Cameroun. Le document se compose d'un préambule et de 13 parties, chacune divisée en articles. La Constitution définit les droits garantis aux citoyens camerounais, les symboles et les institutions officielles du pays, la structure et les fonctions du gouvernement, la procédure par laquelle la Constitution ne peut être modifiée, et le processus par lequel les dispositions de la Constitution doivent être mises en œuvre .
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