
La manœuvre gouvernante de revalorisation du manège présidentialiste permet au président Paul Biya de se faire signer (à nouveau) un chèque en blanc par les baronnies et seigneuries gouvernantes du Renouveau. Ce faisant, les oligarques et hiérarques gouvernants ne savent pas que, ou feignent à tout le moins de ne pas savoir que cette manœuvre, présentée comme devant déboucher sur la garantie de la longévité gouvernante déjà marquée du président Paul Biya (25 ans à la magistrature suprême, entre novembre 1982 et novembre 2007), peut aussi donner carte blanche au prince présidentiel pour piloter un schéma de succession présidentielle maîtrisée et régulée, en parrainant un dauphin institutionnel et politique. Le manège présidentialiste qu’on essaie de relancer à l’heure actuelle n’exclut pas que le dauphinat (sous la forme de la vice-présidence ou de la primature) posé en présidence de relais apparaisse comme un cavalier politique dans la démarche de révision de l’article 6.2 de la constitution. Les barons gouvernants qui acceptent, volontairement ou nécessairement, de se poser à nouveau comme barons présidentialistes fidèles à la longévité gouvernante suprême de Paul Biya, jouent un jeu politique dans lequel le prince président leur offre, en contrepartie, de les reconduire dans l’exercice patrimonial des charges gouvernantes. Le jeu gouvernant affichant une démarche de mobilisation destinée à créer les conditions juridiques et politiques d’une réélection de Paul Biya à la présidence de la République, n’en comporte pas moins des contraintes pour nombre de barons et de baronnies du Renouveau toujours intéressés, en dépit de leur conformisme présidentialiste (hypocrite, politique en faveur du manège et du cortège acclamant le retour triomphal de l’hyper présidence, ces acteurs et opérateurs ne s’intéressent pas aux revers de l’actuelle agitation présidentialiste.























